Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane, ne parlera pas de pétrole à Alger. Notre ministre de l’Energie a dit de « MBS » qu’il viendra pour une « visite amicale et fraternelle ».

Mustapha Guitouni parle comme un diplomate et ne dira donc pas que le ténébreux et inquiétant héritier du trône wahhabite vient aussi en Algérie après la Tunisie, un peu comme pour « se laver les os », comme disent tous les pieux sous nos cieux. Et chercher à redorer son image de commanditaire plus que présumé de l’assassinat dans des circonstances dignes d’un film gore du journaliste opposant, son compatriote, Jamal Khashoggi.
Point de Brut officiellement, donc. Il sera juste question d’une visite de « frère » et d’«ami » contre laquelle seules deux formations politiques, très différentes, s’opposent pour l’instant, le MSP, de manière « facebookienne », et le PST, hier, à travers un communiqué tout ce qu’il y a de plus officiel et solennel. Et les autres partis algériens que diront-ils à l’arrivée de « MBS » à Alger ? Très intéressante à observer sera leur attitude. Les officiels algériens, eux, se sont déjà exprimés sur le sujet le 25 novembre dernier à l’annonce de la visite princière.
Selon le ministère des Affaires étrangères, l’Algérie « condamne » le meurtre de Jamal Kashoggi qu’elle a désigné comme « citoyen » et non pas comme sujet. Elle exprime sa « conviction » que la justice saoudienne saura faire la lumière sur cette affaire ». « L’Algérie, qui est liée à l’Arabie saoudite par des relations étroites de fraternité, de coopération et qui partage avec elle un destin commun, exprime sa conviction que la justice saoudienne saura faire toute la lumière sur ce meurtre », avait précisé le porte-parole du MAE, Abdelaziz Benali Cherif. Comprendra qui voudra, mais cela reflète une position algérienne sans doute équivoque, mais moins brutale à l’égard de la mémoire du journaliste assassiné et de sa famille que celle de l’Egypte, hier, première étape de la tournée de « MBS ».
Au Caire, le prince des ténèbres, comme l’a désigné récemment un confrère algérien, a été reçu par des déclarations de soutien militaire du président Sissi qui a déclaré au journal «Al-Ahram» que « la stabilité et la sécurité de l’Arabie saoudite font partie intégrante de la sécurité de l’Egypte ». Sur ce point au moins, l’homme fort d’Egypte ne ment pas : son pays reçoit régulièrement des fonds saoudiens. Et le pétrole dans tout ce micmac arabo-arabe ?
Vendredi prochain, « MBS » se rendra à Buenos Aires, en Argentine, pour assister aux travaux du G20. Sur place, il rencontrera le président des Etats-Unis Donald Trump, qui le protège depuis le début de l’affaire Khashoggi. L’attitude du chef de la Maison-Blanche à l’égard du futur maître du royaume d’Arabie saoudite, deux véritables « frères » ces deux-là, pourrait être, quelques jours avant la rencontre de l’Opep à Vienne, d’un effet de pression, donc négatif, sur des cours toujours chancelants.