Il aurait pu être champion d’Afrique avec l’Algérie tant Djamel Belmadi avait insisté pour le faire venir. Mais il a préféré jouer le championnat d’Europe des nations espoirs (U21) avec la France et voir ce que lui réserve l’avenir. Houssem Aouar reste un milieu de terrain de très grande qualité. Samedi dernier, lors du duel entre l’Olympique lyonnais et le SCO Angers, il l’a encore démontré. Le droitier a été élu homme du match avec 1 but et 2 passes décisives à la clé. Une performance qui relancera certainement l’affaire sur son arrivée chez les « Verts » et sa nécessité.

Le 27 juin dernier, lorsque l’EN disputait son choc face au Sénégal lors du premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte, Aouar jouait, avec la tunique française, une demi-finale de l’Euro U21 face à l’Espagne. Une rencontre que les « Bleuets » avaient perdue sur le score net et sans appel de 4 buts à 1. Durant ce tournoi, le Franco-Algérien n’a pas vraiment brillé. D’ailleurs, il n’a été titularisé qu’à deux reprises seulement. Le penalty raté contre l’Angleterre en ouverture du tournoi l’a complètement plombé et lui a fait perdre sa place de titulaire qu’il n’a récupérée qu’en demies pour le résultat qu’on connaît.
Parallèlement, l’équipe nationale d’Algérie, qui lui a longtemps fait les yeux doux sans succès, est parvenue à se poser sur le toit de l’Afrique. Le Lyonnais venait de rater une belle occasion pour écrire la première ligne prestigieuse dans le palmarès d’une carrière très prometteuse. Cependant, rien ne dit qu’« El-Khadra » aurait été consacrée en sa présence ni s’il aura eu du temps à passer sur les pelouses égyptiennes. On dira que le destin fabuleux était écrit sans Aouar.

Volume de jeu indéniable
Après les vacances, le joueur de 21 ans semble avoir retrouvé ses sensations. Illustration avec la grosse partie livrée avant-hier à l’occasion de la deuxième journée de la Ligue 1 française quand les « Gones » ont atomisé les Angevins 6 buts à 0. Un feu d’artifices dans lequel le 8e du trophée Kopa de 2018 a été impliqué à trois reprises (1 réalisation et deux « assists »). Malgré le départ de Tanguy Ndombele, il a pu montrer une solidité dans l’entre-jeu. Aussi, le transfert de son désormais ancien coéquipier Nabil Fékir vers le Bétis Séville lui offrira certainement plus de temps de jeu et de confiance. Accélérations, transmissions fluides et tout ce qu’il a entrepris était fait dans bon tempo, tout y était. Et ce, en dépit du fait de ne pas s’être entraîné pendant la semaine à cause de douleurs au niveau des adducteurs.

La saison pour choisir ?
Au sortir de ce duel, le numéro 8 de l’OL était satisfait de la copie collective : «Nous sommes très satisfaits de la performance de l’équipe après un match complet du début à la fin. Avant, nous avions tendance à relâcher quand nous menions au score. Là, nous avons continué à travailler et fournir les efforts. Avec les individualités aussi fortes devant, ils trouvent la faille pour marquer des buts. Nous avons mis beaucoup d’intensité. Nous les avons pressés directement à la perte du ballon tout en étant efficaces devant le but. Juninho nous inculque son esprit de compétition. L’accueil du public a été très fort pour lui.»
La question quant à ses envies et ses ambitions de jouer pour l’équipe de France « A » n’est pas encore revenue. Mais il est certain que s’il parvient à rééditer pareils exploits fréquemment, il deviendra naturellement sélectionnable pour un Didier Deschamps qui n’a jamais caché l’intérêt qu’il lui porte. Tout comme Djamel Belmadi d’ailleurs. Dans les prochaines semaines, le « cas Aouar » pourrait reprendre place dans la scène médiatique. Cet exercice 2019-2020 devrait être décisif. Il devra, inévitablement, élire qui représenter en « senior » à l’international. Sacré dilemme.