Pendant un moment, on croyait que le plus dur était fait pour s’offrir cette qualification tant désirée en Coupe du Monde. Mais un but du Cameroun dans le temps mort a crucifié les « Verts ». L’euphorie s’est transformée en un échec conséquent à la faillite d’une politique plus qu’un simple préjudiciable résultat footballistique.

Par Mohamed Touileb
L’arbre qui cachait la forêt a été abattu le soir du 29 mars 2022 au Stade Mustapha Tchaker de Blida. Karl Toko-Ekambi s’est transformé en bûcheron et a porté le coup de hache ultime pour refroidir l’enceinte de Blida et méduser toute l’Algérie.

« Fonctionnement mis en difficulté »
Après avoir entrevu le Qatar, les « Verts » n’y seront pas. Pourtant, ils avaient pris le dernier tour de qualification par le bon bout en allant s’imposer vendredi dernier chez les Camerounais. Ce résultat donnait un avantage et la latitude pour manœuvrer et arriver à bon port au Mondial qatari. Mais c’était sans compter sur les Camerounais qui nous ont imités pour réaliser le hold-up parfait. Le scénario était cruel. Les « Fennecs » ont bu de la même tasse de laquelle ils ont servi les « Lions Indomptables » lors de la première manche au stade de Japoma il y a 6 jours de cela. Après la CAN-2021 ratée et cette élimination sans gloire dès le premier tour, l’Algérie n’a pas réussi à s’en remettre malgré un sursaut d’orgueil à l’« aller » qui laissait croire à une éventuelle rémission express.
Cette inconstance est à l’image du football algérien qui ne répond pas vraiment à des standards seins. En conférence de presse d’après-match, Djamel Belmadi, sélectionneur national, a lâché des mots peu anodins. Le coach d’« El-Khadra » a estimé que « le fonctionnement dans cette équipe nationale a été mis en difficulté ces dernières années. Évidemment, je saurai prendre mes responsabilités sur le coup de la tristesse, avoir plus de temps pour être sûr que cette sélection fonctionne toujours pour qu’elle puisse progresser ».

Amara, un collaborateur-boulet
En décrypté, Belmadi a probablement voulu dire que certains évènements ont ébranlé son organisation. Inévitablement, on ne peut pas passer à côté de cette chasse à l’homme contre Kheireddine Zetchi qui a été empêché de briguer un second mandat. La sphère politique s’y était mêlée impliquant, d’une manière directe l’entraîneur. Ce dernier a même été reçu par le Président de la République M. Abdelmadjid Tebboune afin de s’assurer qu’il restera en poste après le départ de Zetchi. C’est ce qui s’est passé. Mais quelque chose s’est cassé dans la machine à partir de ce moment. Le successeur de Rabah Madjer a dû se coltiner un Charaf-Eddine Amara parachuté aux commandes de la Fédération algérienne de football (FAF) et qui n’a pas la stature ni les compétences requises pour gérer l’instance dans une Afrique impitoyable. Et cette collaboration n’a pas franchement était aussi fluide qu’avec le précédent patron de la FAF. Mardi soir, l’ancien numéro 10 de l’Algérie a lâché : « la fédération, les joueurs, et tous les acteurs de ce sport doivent travailler ensemble pour permettre d’aller de l’avant. Ce qui est important c’est que cette EN doit être bien entourée. S’il faut changer ? On changera ». Le vent souffle et des têtes vont inévitablement être coupées. n