Avec le départ de son désormais ancien secrétaire général, le parti du Front  de libération nationale (FLN) se retrouve à gérer un agenda organique peu ordinaire. Le parti est ainsi appelé à désigner le successeur de Djamel Ould Abbès. L’option de Bouchareb pour une gestion intérimaire tend à s’avérer inopérante, voire inappropriée. La voie de la collégialité peut s’imposer  au sein du parti.

Pendant ce temps, il est attendu du FLN, en sa qualité de première force politique du pays et aussi membre de l’alliance de la majorité présidentielle, de jouer le rôle qu’il a traditionnellement tenu, notamment à l’approche d’échéances électorales.
A première vue, la nomination du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mouad Bouchareb, au poste de secrétaire général par intérim, peine à convaincre, y compris au sein du parti. Pour des motifs statutaires, du fait que  M. Bouchareb ne soit pas membre du bureau politique, un titre indispensable pour se faire désigner secrétaire général, la première solution provisoire ne tient plus la route. Les statuts du parti, notamment l’article 31, stipulent dans ce sens qu’en cas de vacance du poste de secrétaire général, la mission sera confiée au plus âgé parmi les membres du bureau politique, et une session extraordinaire du comité central doit avoir lieu dans un délai de 30 jours pour élire un nouveau SG parmi ses membres.
D’où cette éventualité de contourner les statuts et de passer à une instance collégiale, dirigée ou coordonnée par le même Bouchareb, qui vit manifestement une ascension fulgurante dans le paysage politique national en se retrouvant en l’espace de deux mois, à la tête de l’APN et chef du FLN à titre intérimaire.
Le FLN se trouve ainsi devant des questionnements organiques, d’où il lui sera certainement difficile de sortir sans séquelles, notamment si l’on intègre le facteur conjoncture, à savoir des échéances électorales cruciales, particulièrement celle portant renouvellement partiel des membres élus du Conseil de la Nations.
L’échéance est prévue pour le 29 décembre et l’ancien parti unique ne dispose pas d’assez de temps pour aborder cette joute dans la sérénité, lui qui en fait une de ses priorités du moment. Il n’est un secret pour personne que l’opération portant choix des candidatures du FLN pour les sénatoriales a laissé apparaître de nombreux mécontentements au sein des élus locaux et de la base militante du parti, à l’image de ce qui s’est passé à M’sila et Annaba notamment, où il y a eu recours à la force.
Maintenant que le parti a perdu son secrétaire général et qu’une nouvelle instance pérenne ne peut être installée de sitôt, il va sans dire, que des mécontentements vont surgir ici et là.
Ce qui ne manquera vraisemblablement pas d’affaiblir le parti à l’heure du décompte final pour des sénatoriales qui s’annoncent visiblement très disputées notamment entre le FLN et le Rassemblement national démocratique (RND), l’autre parti de l’alliance de la majorité, qui envoie plutôt des signes de cohésion et de discipline partisane.
Par ailleurs, les choses risquent de s’accélérer dans les péripéties organiques du FLN, dans le sens où le pouvoir politique aura certainement beaucoup à gagner avec un retour de l’ordre au sein de l’ex-parti unique. Et si le pouvoir politique, qui s’est toujours appuyé sur le FLN dans les consultations électorales précédentes, peut se permettre un FLN affaibli, voire désuni, à l’occasion des sénatoriales de décembre prochain, ce ne sera pas le cas pour le rendez-vous électoral de l’année prochaine.
A l’évidence, le FLN ne peut pas avoir un rôle mineur à l’occasion de l’élection présidentielle du printemps prochain. Certains observateurs n’hésitent d’ailleurs pas à établir un lien entre la fin de mission signifiée à Djamel Ould Abbès et la consultation du printemps prochain.
Car, même s’il est attendu, constance oblige, du parti de tenir le rôle qu’il avait l’habitude de tenir en pareilles circonstances électorales, il y a visiblement une volonté d’apporter un sang neuf en son sein. Elle transparaît à travers «la répudiation» de Djamel Ould Abbès.