En sus de son implication au sein des Forces de l’alternative démocratique, plaidant pour une période de transition, le Front des forces socialistes (FFS) inscrit d’ores et déjà la tenue de son congrès comme une étape importante du point de vue organique. D’autant plus que cette échéance, prévue pour la fin septembre coïncidant avec le 56e anniversaire de sa création, intervient dans une conjoncture organique marquée par l’aggravation des luttes intestines au sein du plus vieux parti de l’opposition.
« Ce 6e congrès ordinaire national est d’une importance capitale pour le devenir de notre formation politique », avait indiqué dans ces mêmes colonnes, le premier secrétaire du parti Hakim Belahcel. Ce dernier affirma que le congrès sera « une chance inouïe et un rendez-vous historique qui verra le regroupement et la consolidation de la grande famille politique du FFS. Il a indiqué, dans ce sens, que les efforts et les initiatives de rapprochements envers les anciens cadres du FFS « sont déjà un franc succès », ce que traduit la reprise du contact avec d’anciennes figures du parti à l’image de Djamel Zenati. Il est évident que l’objectif majeur donc de ce rendez-vous sera de réussir un rassemblement de l’ensemble des militants du parti pour pouvoir peser sur les évènements en étant en phase avec les revendications populaires. Les observateurs s’interrogent, cependant, si les congressistes parviendront à transcender la crise et à remettre le parti sur les rails, notamment au vu de la persistance d’une aile du parti à ne pas reconnaître la direction légale incarnée par l’instance présidentielle et le premier secrétaire du parti. Signe d’un antagonisme interne, les contradicteurs de la direction sont allés jusqu’à « se doter de structures parallèles », en plus de l’accaparement du siège national du parti. Les luttes intestines avaient pris forme auparavant au sein des parlementaires du parti. En effet, le groupe parlementaire du FFS est en totale rupture avec l’instance présidentielle qui, elle-même, est scindée en deux, la tendance du trio Cherifi-Laskri-Meziani et celle du duo Taïati-Chioukh. L’évènement qui a été à l’origine de la scission au sein de l’instance présidentielle est bien, selon des sources à l’intérieur du parti, «la prise de parole tonitruante de Hayet Taïati, membre de l’instance présidentielle pour descendre en flammes le premier secrétaire, Mohamed Hadj-Djilani, et le démettre de ses fonctions en direct ». Dans son réquisitoire d’une rare violence, Mme Taïati déclare que la nomination de M. Hadj-Djilani est illégale au vu des statuts du parti. Selon elle, il s’agissait d’un premier secrétaire non conforme depuis avril 2018, soit depuis presque une année. Pourtant, ce responsable a été nommé et confirmé par la même instance présidentielle à laquelle appartient Mme Taïati.
L’autre évènement qui a ébranlé le FFS est incontestablement l’attitude des députés du parti. Il faut dire que le groupe parlementaire s’est accaparé le siège national du parti au lendemain de la décision de retrait de ses députés de l’APN prise par Ali Laskri, en signe d’adhésion au mouvement populaire né le 22 février dernier. C’est, en effet, en avril dernier que les parlementaires avaient décidé de remettre en cause Ali Laskri en sa qualité d’instance présidentielle.
Des dizaines de militants et de membres du Conseil national se sont regroupés à l’intérieur du siège pour réclamer le départ de Ali Laskri, retranché dans son bureau. Sous la pression, Mohamed Hadj Djillani, alors premier secrétaire national, décide de démissionner. « Je n’ai pas pu rester en place, le parti était sens dessus-dessous», avait-il indiqué dans une déclaration à Reporters.
Depuis, le parti vit une situation de déchirement interne et en sourdine, où les uns et les autres se regardent et guettent le moindre faux pas pour contre-attaquer. C’est toute cette animosité et une guéguerre en permanence que le congrès tentera de résoudre au regard des défis qui pointent à l’horizon. n