A quelques jours de son congrès, prévu les 8, 9 et 10 décembre en cours, le Front des forces socialistes (FFS) a organisé, en ce début de semaine, des ateliers liés aux statuts et aux résolutions politiques, économiques et sociales afin de débattre et d’enrichir les avant-projets de textes qui seront présentés le jour J.

PAR NAZIM BRAHIMI
Cette étape vient après l’achèvement de l’opération portant désignation des congressistes, assurée au niveau des sections locales. Néanmoins, l’enjeu demeure le format que prendra la direction collégiale du parti, option d’organisation née depuis le retrait de Hocine Aït Ahmed des affaires du parti, en 2013. Depuis, la direction du parti a vécu plusieurs moments de turbulences mettant le parti en situation de crise interne.
«Cela dépendra des propositions que formuleront les congressistes quant aux statuts du parti, mais surtout au sujet de l’instance présidentielle, si elle doit être gardée avec 5 membres ou si le nombre doit être revu», nous dit un militant du parti. Et si le FFS ne semble pas près d’abandonner ce principe de la direction collégiale, sa reconduction dans le format actuel ne fait pas consensus au sein des cadres les plus en vue.
«Si la logique recommande de réduire la composante de l’Instance présidentielle à 3 membres, pour baisser le champ des tensions et les éventuelles incompatibilités qui naîtraient en cours de route, rien ne semble encourager cette option», selon un membre du Conseil national du FFS.
Ce dernier n’écarte pas «le scénario» d’une Instance présidentielle où siègeront plus de 5 membres afin de «satisfaire» des ambitions qui s’expriment dans les structures du plus vieux parti de l’opposition. D’autant plus qu’«il n’y a pas d’unanimité sur une liste fermée», ajoute notre source, laquelle évoque, dès lors, un autre scénario, celui de l’abandon du principe de la direction collégiale, qui induirait «plus de prérogatives» au futur premier secrétaire.
«Ce dernier sera donc élu par le congrès et non pas désigné par l’Instance présidentielle et sera accompagné dans sa mission par une autre instance, qui émanerait des nouveaux statuts et dont la composante sera de son choix», fait observer notre source. Cette option ne gagne pas les adhésions au sein du parti où on considère que «mettre le sort du FFS entre les mains d’une seule personne n’est pas chose aisée pour un parti d’une telle envergure et au long parcours historique».
Pourtant, «la dernière conférence nationale d’audit tenue par le FFS a conclu que la majorité des militants sont contre le maintien de l’IP, source de toutes les divisions et de la radiation de plusieurs figures du parti», tient à rappeler la même source.
Autrement, si le FFS consent à garder l’IP dans son organigramme et comme première instance, il ne le ferait pas avec l’adhésion de l’ensemble de ses militants dans le sens où le bilan de ce mode de gestion du parti annonce plus de situations de crise que de délibérations consensuelles.
«Il est vrai que nous avons vécu des crises et des difficultés, peut-être liées au mode de gestion adopté lors du congrès de 2013, aux textes pas suffisamment clairs. Mais, aujourd’hui, s’il y a une question qui fait consensus entre les militants, c’est la question de la collégialité», avait précédemment répondu M. Aouchiche dans ce qui traduit au moins l’adhésion d’une partie au sein du FFS à ce mode d’organisation en dépit des tensions et malentendus qui ont traversé sa direction.
«Pour nous, la collégialité est un acquis à sauvegarder, un moteur sur lequel nous allons nous appuyer pour développer le parti, le sauvegarder et le pérenniser», a affirmé M. Aouchiche, lequel a ajouté que le congrès se tiendra dans «un climat de sérénité» qui permettra «le retour à la légitimité au sein du FFS qui retrouvera légalité et stabilité». <