La récente sortie de la représentation marocaine aux Nations unies continue de susciter de vives réactions de la classe politique en Algérie. Réactions synonymes de condamnation, dont celle émanant du Front des forces socialistes (FFS) qui est monté au créneau, hier, pour qualifier l’attitude marocaine de «tentative désespérée de frapper l’unité de notre chère patrie et semer la discorde parmi notre peuple uni et fier».

Par Feriel Nourine
En réaction à la provocation en provenance du régime du Makhzen, dont l’ambassadeur auprès de l’ONU a distribué une note aux représentants des Etats membres du mouvement des Non-alignés, soutenant un prétendu «droit à l’autodétermination du peuple kabyle», le FFS a publié une déclaration dans laquelle il affirme que «l’indépendance et l’unité de la terre sainte d’Algérie est une ligne rouge que personne ne peut franchir sous aucun prétexte».
Dans cette logique, le plus vieux parti de l’opposition soutient que «la Kabylie fait partie intégrante de la terre d’Algérie, et comme toutes les régions de la patrie, elle fut le berceau de la révolution et des révolutionnaires et est toujours sur cette voie». C’est pourquoi, le comportement du Maroc «est honteux», juge le FFS, ajoutant qu’«il n’est pas à la hauteur de la fraternité, de l’amour et de l’amitié des peuples algérien et marocain».
Il s’agit carrément d’«une déviation dangereuse et un comportement imprudent et incalculable et loin de l’Abc du travail diplomatique discret entre deux pays voisins», soutient le FFS, avant de faire remarquer que «les promoteurs de la discorde», leurs comportements et attitudes hostiles «ne feront qu’augmenter la détermination des femmes et des hommes algériens dans toutes les régions du pays et avec leurs diverses affiliations, qui s’accrochent aux constantes de la nation, son unité et l’homogénéité de son peuple». Et de rappeler encore que la première représentation officielle internationale de la révolution algérienne a eu lieu, à l’occasion du Sommet des non-alignés de Bandung en 1955, par une délégation conduite par Hocine Aït Ahmed.
Le FFS estime, par ailleurs, que le comportement des autorités marocaines «ne servira pas notre région du Maghreb ou ses peuples, mais vise plutôt au profit des forces du colonialisme moderne et des forces néolibérales avec toutes leurs extensions». Or, «seul le Grand-Maghreb des peuples renforcera l’indépendance de nos pays et nous garantira la sécurité, la stabilité, le progrès et la prospérité, et une telle aspiration ne pourra se réaliser sans la démocratisation de nos régimes et en résolvant les problèmes en suspens, problèmes dans l’espace maghrébin dans le cadre du dialogue et du principe de bon voisinage et d’engagement des réglementations et décisions internationales», poursuit le même parti, appelant les autorités et toutes les forces vives de la société à «se hisser au niveau de l’intérêt national global en s’engageant dans une voie politique et un sérieux, un dialogue national responsable et global pour consacrer le changement et instaurer seul l’Etat de droit et la démocratie».
«Situation d’une extrême gravité»
En l’absence de tout écho «positif et approprié» de la partie marocaine, l’Algérie a décidé de rappeler son ambassadeur à Rabat pour consultation avec effet immédiat, suite à la dérive de la représentation diplomatique marocaine à New York, a indiqué, hier, un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, dont voici le texte intégral: «Dans la déclaration du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, rendue publique le 17 juillet 2021, il a été indiqué que l’Algérie attendait du Royaume du Maroc qu’il clarifie sa position définitive sur la situation d’une extrême gravité créée par les propos inadmissibles de son ambassadeur à New York.
Depuis lors, et en l’absence de tout écho positif et approprié de la partie marocaine, il a été décidé aujourd’hui, le rappel, avec effet immédiat, pour consultations, de l’Ambassadeur d’Algérie à Rabat, sans préjudice d’autres mesures éventuelles en fonction de l’évolution de cette affaire». n