Le Front des forces socialistes a commémoré, hier à Alger, le deuxième anniversaire de la disparition de Hocine Aït Ahmed, le fondateur, en 1963, du FFS, décédé le 23 décembre 2015 à Lausanne, en Suisse.

Cette célébration a été l’occasion pour les anciens et nouveaux militants, la nouvelle direction du parti, quelques députés présents et des élus des élections locales du 23 novembre dernier de se rappeler en communion ce que fut Aït Ahmed durant ses 70 ans de militantisme à travers le mouvement national et, plus tard, en tant qu’opposant au pouvoir en place après l’indépendance du pays. La messe organisée à la salle Sierra Maestra a été une opportunité pour donner la parole au élus locaux, notamment les P/APW de Tizi-Ouzou et de Béjaïa, le plus jeune P/APC du FFS et le doyen des élus locaux de la formation. « Nous sommes ici pour célébrer notre président éternel », lance le P/APW de Tizi-Ouzou en direction d’un auditoire entièrement acquis, en épelant le slogan de campagne : « Je préfère être un maire élu qu’un président désigné». Une citation au demeurant attribuée au fondateur du FFS qui compte actuellement 14 députés à l’APN. Prenant la parole, le premier secrétaire du FFS, Mohamed Hadj Djilani, a d’emblée lancé une phrase qui en dit long. «Le FFS n’est pas un parti à vendre », tonne le premier secrétaire, faisant allusion à ceux qui ont essayé de négocier avec le pouvoir sans donner d’indications à propos des contacts qu’auraient entrepris certains responsables du FFS. Dans son discours, Hadj Djilani s’est également adressé aux anciens cadres du parti et militants exclus. « J’appelle tous les militants marginalisés à rejoindre les rangs du parti », crie-t-il, sous les acclamations du public. Il faut dire que les responsables actuels du FFS ont mené une campagne d’exclusion des anciens cadres, notamment ceux qui ont eu des relations étroites avec Aït Ahmed, à l’image de Rachid Halet, Karim Tabbou, Samir Bouakouir ainsi des fédéraux du parti. 

Le Dr Hallet a montré du doigt les initiateurs du «putsch » en indexant ses auteurs qui sont, d’après lui, Chérifi Mohand Amokrane, Ali Laskri et Aziz Balloul. Ces trois derniers font partie actuellement du présidium du FFS. Une question se pose. L’appel du premier secrétaire du FFS, qui est désigné par consensus du présidium, constitué de 5 membres, en direction des anciens membres influents exclus, est-il une invitation personnelle ou inaugure-t-il une nouvelle stratégie du parti pour fortifier les rangs du parti en perspectives de l’élection présidentielle prochaine ? Attendons pour voir l’écho de cette proposition auprès des « marginalisés » et des décideurs politiques qui règnent sur le parti.
Dans son intervention, le porte-voix du FFS a lancé également un autre message politique en direction du pouvoir. Pour le locuteur, il y a désormais deux voies comme perspective politique en Algérie. « Il y a la voie de la légitimé par les urnes et l’expression de la rue », menace-t-il, en posant cette alternative aux dirigeants du pays comme une démarche pour « instaurer une deuxième République.» Actualité oblige, le premier secrétaire a exprimé la position de son parti sur la décision du Chef de l’Etat de décréter Yennayer fête nationale, une journée chômée et payée. « Yennayer, ce n’est pas de la charité, nous saluons tous les militants de la cause amazigh », ajoute Mohamed Hadj Djilani. Sur la loi de Finances 2018, l’intervenant a indiqué que « cette loi est contre l’esprit du 1er Novembre 54 et du Congrès de la Soummam pour une Algérie sociale et démocratique».