Le front des forces socialistes (FFS) craint des actes de violences et appelle ses militants à les empêcher pour préserver le caractère pacifique du mouvement populaire pour le changement, le Hirak. C’est ce qui ressort de l’intervention de son Premier secrétaire Hakim Belahcel devant les membres de la fédération de Tizi-Ouzou, hier. Le discours de M. Belahcel, qui a été lu par le secrétaire national chargé des élus, Nourdine Berkaine, est un appel à la mobilisation et à la vigilance. Il est accompagné d’une analyse inquiétée de la situation qui prévaut dans le pays à « une semaine seulement de la date fatidique » du scrutin du 12 décembre prochain.
Selon le Premier secrétaire du FFS, « la situation générale du pays augure du pire et de l’escalade aventureuse ». Elle recommande à ses militants et sympathisants « plus de vigilance et d’engagement » afin d’éviter tout dérapage violent, explique M. Belahcel dans une intervention d’une tonalité grave. « Il ne faudra jamais perdre de vue que la violence et le chaos sont le terrain propice pour l’émergence de la répression sauvage du pouvoir et l’installation d’un climat de représailles qui lui donnerait accès à tous les abus et à tous les excès! », prévient-il. Et d’ajouter : « Notre rôle à nous, en tant que parti politique responsable et pacifique, à travers ses vaillants militants et ses élus locaux connus pour leurs crédibilité et maturité politique, c’est justement d’empêcher le déraillement de cette révolution populaire de sa trajectoire pacifique pour sombrer dans des ambiances d’affrontements et de lynchages physiques ». Hakim Belahcel appelle les militants et les cadres du FFS au « perfectionnement du dispositif de communication entre les différents paliers du parti ». « Cela nous aidera à connaître l’évolution réelle de la situation sur le terrain, à l’abri des propagandes et de la désinformation», explique-t-il, ajoutant que « la situation actuelle nous recommande surtout de rester partout sur le terrain, notamment en Kabylie pour avorter les stratagèmes du désordre et de l’affrontement violent! ». Pour le Premier secrétaire du parti, le « formidable sursaut populaire a su survivre à la répression féroce des autorités, aux campagnes propagandistes et tendancieuses des relais médiatiques aux ordres et aux manœuvres pernicieuses et vicieuses des officines de la discorde, génératrices du chaos social». Face à cette situation, constate-t-il « avec beaucoup de colère et de consternation, le silence complice et consentent des gouvernements étrangers devant cette nouvelle chape de plomb autoritariste, qui s’est construite pour brimer et anéantir le mouvement révolutionnaire et ses aspirations libératrices et démocratiques ».
« Indiscutablement, le peuple algérien est jaloux du caractère national de sa révolution et réfractaire à toute forme d’ingérence d’où qu’elle émane. Néanmoins, il est conscient de l’existence à ses dépens, d’une raison d’État assassine qui met en avant des compromis économiques et politiques que seul le temps dévoilera ! », affirme M. Belahcel en déclarant que «l’heure est grave et exige (…) plus d’éveil et plus de sacrifices! » « Le pouvoir hégémonique algérien s’obstine à renier les revendications populaires qui insiste sur la nécessité d’aller vers un véritable changement dans le pays et engager un processus constituant pour instaurer un état de droit et de liberté », accuse-t-il. «Les derniers propos orduriers et provocateurs du ministre de l’Intérieur issu du gouvernement illégitime et le renforcement du dispositif répressif juridico-policier sont des preuves formelles de la volonté du sérail de pousser la situation vers l’irréparable », poursuit-il en allusion à la déclaration récente et controversée du ministre de l’Intérieur Salah Eddine Dahmoune, mardi 3 décembre au Sénat.