Certains l’ont peut-être oublié. Mais Mehdi Zeffane a eu sa part dans le sacre de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte. En effet, il avait joué la quasi-totalité du quart de finale contre la Côte d’Ivoire, la demie contre le Nigéria et, bien évidemment, la finale contre le Sénégal. Après ce tournoi, il a eu du mal à trouver un club. Il a fini par atterrir en Russie après 6 mois de chômage. C’est avec le Krylia Sovetov qu’il compte se relancer. Et durant la période de doute, Djamel Belmadi, sélectionneur national qui lui a fait confiance quand il a fait face à de fortes critiques, était présent pour le soutenir.

Beaucoup étaient restés sur sa prestation très moyenne contre les Ivoiriens. Il avait suppléé au pied levé Youcef Atal qui s’était blessé. Face à Wilfried Zaha, celui qui était en fin de contrat avec le stade Rennais a eu des difficultés à entrer dans le match. Comme lui, « El-Khadra » a eu du mal à en finir avec cette rencontre. Elle a eu besoin de la séance des tirs au but pour se qualifier au carré d’as. Par la suite, Djamel Belmadi a fait, de nouveau, confiance en son poulain car il n’avait pas vraiment un latéral-droit de prédilection. Zeffane s’est finalement bien acquitté de cette tâche en fondant dans un quatuor défensif très compact. Mais son rendement individuel n’était pas vraiment flamboyant. Même s’il était libre de tout contrat, il n’y avait pas de réel preneur. Et il a fallu attendre la fin de l’année 2019 pour trouver un point de chute. « Plusieurs clubs étaient intéressés. Mais le Krylia Sovetov Samara est celui qui a montré l’intérêt le plus concret et c’est surtout celui qui a montré le plus de respect. Ce qui m’a convaincu de signer ici et j’en suis très content car tout se passe bien pour le moment. J’avais, en plus, la possibilité de découvrir une autre culture et un nouveau pays. Tout cela était très intéressant pour moi. En tout cas, ça me fait beaucoup de bien de pouvoir rejouer au football et de faire mon métier du mieux possible », a raconté le Fennec.
Force mentale
Cet arrêt forcé a fragilisé l’ancien lyonnais sur le plan athlétique. Mentalement, il a tenu le coup. « Vous savez, quand on donne l’information à son cerveau d’accepter le fait de ne pas jouer et de ne pas pratiquer sa passion pendant six mois, il faut un laps de temps et il faut être bien entouré. J’ai la chance d’avoir ma famille et mes amis près de moi. Donc ça m’a aidé évidemment. J’ai essayé aussi de prendre beaucoup de recul sur la situation, d’analyser les choses et de tirer le positif de tout ça », note-t-il dans un entretien accordé au site spécialisé «footmercato».
Ce mal était aussi un bien puisqu’il a « pris beaucoup en maturité car j’ai pu voir le football de loin. J’ai pu faire des choses que je n’avais pas l’habitude de faire. Ça faisait longtemps que je n’avais pas passé autant de temps avec ma famille et mes amis. Donc j’ai pu en profiter. » Il fallait aussi essayer de garder un minimum de forme afin de pouvoir répondre présent au moment de rechausser les crampons et étudier les pistes éventuelles : « avec David (Venditelli) mon agent, on a mis en place certaines choses. Comme tout le monde le sait, je travaille aussi avec Fouad Ezbiri, qui était mon coach personnel sur Lyon. Donc ce n’était pas non plus de tout repos. C’est vrai que ce n’était pas une situation évidente, on ne va pas se mentir », a concédé le joueur de 28 ans.
Soutien indéfectible de Belmadi
Par ailleurs, durant cet arrêt, il a pu avoir le soutien d’un homme important à savoir Djamel Belmadi. Surtout que son avenir en sélection était logiquement menacé car il ne jouait plus au plus haut niveau. « J’ai la chance d’avoir eu Djamel (Belmadi) plusieurs fois au téléphone lors des six mois où je ne jouais pas. Il m’a soutenu et il m’a montré qu’il était toujours là. Ça m’a fait beaucoup de bien durant cette période. Ça m’a aussi aidé à me maintenir », révèle la doublure d’Atal.
Celui qui compte 15 capes avec l’EN a aussi indiqué que « Deux ou trois jours avant ma signature, je l’ai eu au téléphone pour le prévenir de ce qu’il se passait et de la direction que je prenais. Il m’a toujours soutenu. Je sais que Djamel est un grand professionnel et qu’il regarde tout ce qu’il peut se passer sur la planète foot. Pour moi, c’était un soulagement de rejouer au football » en admettant que « quand on ne joue pas au foot, quand on n’est pas sur les terrains, tout est remis en question c’est normal, c’est le jeu.» Désormais, il faudra qu’il gagne une place en club afin de retrouver le niveau qui lui permette de rendre la pareille à Belmadi et lui montrer qu’il est à la hauteur des espoirs qu’il a placés en lui. La reprise du championnat, gel en raison du coronavirus, est programmée pour le avril prochain. n