C’était le match à gagner. Mais Saïd Benrahma et Brentford ont déjoué. Mardi, contre Fulham à Wembley pour le compte de la finale des play-offs de Championship (D2 anglaise), les « Bees » sont passés à côté en s’inclinant 2 buts à 1. Ils auront forcément les regrets de ne pas avoir pu retrouver la Premier League après 73 ans d’attente. Auteur d’une saison remarquable (17 buts et 9 passes décisives), l’international algérien devrait, quant à lui, évoluer pour un club de l’élite la saison prochaine.

Par Mohamed Touileb
Le blocage du finish a refait surface et les « Abeilles » n’ont jamais donné l’impression de pouvoir venir à bout des « Cottagers ». Ces derniers ont joué crânement leur chance pour chiper le dernier ticket menant vers la première classe footballistique en Angleterre. Ainsi, ils rejoignent Leeds United et West Bromwich Albion qui ont signé leur montée directe au terme de la saison régulière.
Et pourtant, Brentford et Benrahma avaient l’avantage psychologique d’avoir battu les « Whites » à deux reprises au cours de l’exercice. Ils avaient aussi la meilleure attaque du championnat avec 80 buts. Toutefois, il y avait deux contraintes : une défense assez fébrile sur les 5 dernières sorties avec 7 buts encaissés (pourtant c’était la moins perméable du challenge avec 38 buts concédés) et une malédiction dans les play-offs (toute divisions confondues) avec 8 tentatives toutes avortées.
Un peu trop beau joueur ?
C’est les deux derniers détails qui ont prédominé mardi soir avec un team complètement tétanisé par l’enjeu. Le Fennec et ses camarades n’ont jamais pu jouer à leur vrai niveau contre un adversaire qui a su se montrer patient et frapper en prolongations. Un coup franc anodin transformé en une réalisation par Joe Bryan (105’) ayant trompé la vigilance de David Raya qui comptait anticiper un centre. Une erreur de placement qui a fait basculer cette rencontre fermée. L’arrière-gauche récidivera à la 117e en faisant le break avant que Dalsgaard ne réduise désespérément la marque (120’+4). Ce n’est pas pour autant que l’entraîneur Frank Thomas a blâmé son portier : « Il a été un gardien fantastique tout au long de la saison. C’est plus le génie et le coup d’œil de Bryan qui ont fait la différence sur ce coup.» Le technicien danois préfère donc retenir le positif malgré cette fin de séquence qui ne s’est pas déroulée comme rêvé: « par le passé, il y a eu des équipes qui ont raté l’accession mais qui sont revenus plus fortes. Je suis à 100% certain que ça sera le cas pour Brentford. Ce n’est pas la fin du monde. On va être triste ce soir. C’est sûr. Mais c’est la loi du football. Parfois, les choses ne se passent pas comme prévus et il faut être fort pour surpasser ça », estime-t-il.
Certainement
la der’ du Fennec
Des propos qui reflètent une attitude de « beau joueur » qui a clairement porté préjudice aux siens. Certes, Brentford a souvent produit un « football attractif » comme son driver l’a souligné. Cependant, quand le team de Londres avait des matchs capitaux, la banqueroute footballistique a toujours fini par prendre le dessus. Illustration avec les deux revers lors des deux dernières journées face à Stoke City et Barnsley. Une victoire aurait suffi pour que Benrahma & cie chipent le deuxième sésame synonyme de promotion directe à WBA. Mais ça n’est pas arrivé. C’est sur cette fausse note que le parcours des « Rouge et Blanc » se termine. Pour ce qui est du milieu-offensif Dz, il ne devrait avoir son bon de sortie cet été. Le natif d’Aïn Témouchent est courtisé par des formations de la Premier League. Les noms de West Ham, Aston Villa et Arsenal reviennent sans cesse. La tendance est pour un départ. Acheté pour 1 million d’euros à l’OGC Nice en juillet 2018, celui qui compte 3 sélections avec El-Khadra a une valeur marchande de 10.5 millions d’euros selon le site spécialisé Transfermarkt. Une somme largement dans les cordes à la portée des éventuels preneurs dans un marché de démesure. n