Meilleur joueur de l’écoulée Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte et champion du continent avec l’Algérie, Ismaël Bennacer est revenu sur les derniers mois en tant que footballeur. Une carrière qui est en train de prendre un tournant important depuis qu’il a rejoint les « Rouge et Noir » de Milan (Italie).

Dans un entretien accordé au quotidien algérien spécialisé Le Buteur, le talentueux et généreux milieu de terrain des «Fennecs» a inévitablement évoqué le sacre africain qu’il a décroché avec la sélection au moment où personne ne n’envisageait vraiment ce fabuleux scénario. L’ancien sociétaire d’Empoli FC a même reconnu que lui et ses compères n’imaginaient pas être couronnés à l’instant où leur avion avait atterri en Egypte. Du moins, ils avaient l’ambition mais pas la certitude d’aller au bout de l’aventure et soulever le trophée.
« Je pense que personne n’a cru que l’EN allait être champion d’Afrique. Ce n’est que pendant le tournoi qu’on a cru en nos chances. Nul n’avait misé sur cette équipe. Dans le vif du sujet soit durant le tournoi, on a commencé à y croire. Sur le plan personnel, moi je ne jouais pas trop avant. Figurez-vous qu’en trois ans en sélection, je n’ai pas souvent joué. Je n’ai pas eu beaucoup de chance. Ce n’est que pendant la CAN que j’ai eu cette chance. Le sélectionneur national m’a fait confiance », a rappelé le natif d’Arles.
Temps de jeu
et confiance
En effet, avant la venue du driver Djamel Belmadi, il ne jouait pas trop en équipe nationale. D’ailleurs avant d’être aligné contre la Gambie le 22 mars dernier, il n’était plus apparu avec le maillot d’ « El-Khadra » depuis le 1er juin 2018 lors de la défaite (2/3) contre le Cap-Vert en amical. Le renvoi de Haris Belkebla avant la CAN pour comportement inapproprié lui a peut-être rendu service si l’on compare son temps de jeu après cet épisode disciplinaire. Bennacer a été aligné d’entrée dans les 7 rencontres disputées lors de la messe biennale. Il a même pris part au 3e match contre la Tanzanie (56 minutes) qui était anecdotique lorsque les titulaires habituels étaient mis au repos.
Belmadi a donc donné l’opportunité au Milanais de montrer et démontrer sont talent. Il a aussi était d’un précieux apport pour un « Club Algérie » qui semblait à la dérive avant sa venue: « Je peux vous dire que le coach nous a un peu formatés. On est allés pour gagner tous nos matchs. Après, cette victoire face au Sénégal lors du second match du tournoi nous a donné plus de confiance. On a affronté une excellente équipe du Sénégal qui était le favori de ce tournoi. Je pense que le sélectionneur national a réussi à faire un excellent groupe même si le temps n’est pas suffisant.»

La plus-value Belmadi
Celui qui est passé par Arsenal FC (Angleterre) sait de quoi il parle parce qu’il a connu 4 sélectionneurs différents depuis qu’il a rejoint les «Guerriers du Sahara» : Rajevac, Leekens, Alcaraz et Madjer puis Belmadi, en terme de comparaison, logiquement, le dernier nommé a eu l’adhésion du groupe, unanimement : « c’est vrai j’ai travaillé avec beaucoup d’entraîneurs, mais je pense que Belmadi a ramené à la sélection ce qu’il fallait. Franchement, chapeau bas pour lui, pour tout le travail qu’il a effectué et regardez ce qu’a montré la sélection en Egypte que ce soit sur le terrain ou même en dehors. Je suis vraiment un fan de Belmadi. Il a réussi beaucoup de choses », admet le joueur de 21 ans.
Le rêve milanais
L’aventure en Afrique terminée, le « Vert » aux 16 capes a paraphé un contrat avec le Milan AC pour une durée de 5 années. Sur sa venue en Lombardie contre 16 millions d’euros, il notera que le « Milan AC est un club qui fait rêver tout footballeur pas uniquement moi. Beaucoup de joueurs, si ce n’est pas la totalité des footballeurs rêvent de jouer dans ce prestigieux club. Aujourd’hui, je ne suis qu’à mes débuts avec le club et j’ai vraiment compris ce que veut dire le Milan AC. C’est tout simplement un club pas comme les autres et un grand club, moi qui viens d’Empoli. »
Evoluer dans un club huppé, sept fois champion d’Europe, « n’est pas une pression. La vie d’un footballeur est faite ainsi. Il y a le travail qui compte. Dans la vie, c’est toujours comme ça. A moi de montrer mes qualités. Je ne vous cache pas qu’après ma signature, j’ai réellement découvert c’est quoi le Milan AC. J’ai découvert que c’est un club mythique et à part. Aujourd’hui, je me dis que je suis chanceux d’être dans ce grand club », se réjouit le passeur décisif pour Bounedjah sur le but qui a donné la victoire finale contre le Sénégal. Pour s’imposer au sein des « Rossoneri », il devra afficher le même niveau que lors de l’épreuve reine d’Afrique et le répéter chaque week-end dans une Serie A où l’exigence est permanente.