C’est sous le slogan « Construisons national » qu’a été inaugurée, hier à la Safex, l’Exposition de la production de biens et de services dans le secteur du bâtiment par les ministres de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville Abdelhamid Temmar, et de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, et le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) Ali Haddad.

Cette exposition, réservée exclusivement aux industriels et prestataires de services nationaux dans le domaine du bâtiment, durera trois jours et soutiendra la préférence nationale dans un secteur important, le bâtiment. Dans son allocution d’ouverture, le président du FCE, Ali Haddad, rappellera l’importante évolution de ce secteur durant les dernières années et les avantages acquis par les Algériens grâce à la politique du gouvernement. « Les citoyens de la classe moyenne, qui n’étaient éligibles ni au logement social ni au logement promotionnel, ont pu ainsi devenir propriétaires grâce à des dispositifs aussi ingénieux que l’AADL, LSP, LPP », dira-t-il. Dressant un état des lieux de la filière du bâtiment et de la construction, Ali Haddad dira que c’est le secteur le plus touché par la crise. « Alors que de multiples programmes publics ont été lancés pour la réalisation d’infrastructures en tous genres. »
« Cette exposition est le prolongement de la troisième édition de l’université du FCE, pendant laquelle nous avions fait le constat que les parts de marché des entreprises algériennes représentaient moins de 30%. Recourir à des services et à des produits étrangers pour construire un logement est une aberration pour une économie qui ambitionne de développer les exportations », regrettera le chef du FCE. Il s’agit d’inverser cette tendance et d’encourager la consommation nationale. « Un arrêté promulgué en 2011 accorde une marge de préférence de 25% aux produits d’origine algérienne et aux entreprises ou bureaux d’études de droit algérien dans le cadre des marchés de fournitures, de travaux, de services et d’études », soulignera Haddad. Mais en pratique, « les statistiques démontrent, malheureusement, que ce principe de préférence nationale n’est pas appliqué. Les entreprises étrangères se sont vu attribuer plus des deux-tiers des marchés, souvent au même coût et sans application du code des marchés publics », fera remarquer le président du FCE. Il soulignera avoir adhéré à la démarche de l’élaboration de la cartographie économique nationale « afin justement d’identifier les branches d’activité qu’il faudra renforcer, les produits qui présentent un grand potentiel d’exportation et connaître nos capacités installées de production de biens et de services ».
Priorité aux matériaux nationaux
De son côté, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, exprimera sa satisfaction pour le secteur du ciment gris dont la production nationale « avait réussi à satisfaire la totalité des besoins du secteur de la construction et de tout le marché national ».
La production nationale a été de plus de 22 millions de tonnes en 2016 et devrait dépasser les 25 millions de tonnes à fin 2017 pour atteindre les 40 millions de tonnes à l’horizon 2020. Par ailleurs, il a fait savoir que plus de 2 000 projets industriels, publics et privés, avaient été lancés depuis 2002 dans les branches ciment, sidérurgie, briques et produits rouges, céramique, charpente métallique, marbre, matériaux de construction en matière plastique, menuiserie métallique, plâtre et dérivés. Certains de ces projets sont déjà en exploitation, tandis que d’autres sont en cours de réalisation. « Dans la filière céramique, plus de 450 projets ont été engagés depuis 2002 pour tenter de répondre à la demande du marché national en matière de céramique sanitaire et de carreaux de sol et revêtement », a-t-il dit, précisant que « cette filière a pratiquement couvert la demande nationale ». Troisième intervenant durant cette ouverture des journées d’exposition, le ministre de l’Habitat, Abdelhamid Temmar. Il dira que « les besoins du secteur en matériaux de construction sont colossaux au vu des programmes de logements et d’infrastructures publiques en cours de réalisation et ceux devant être lancés en 2018 ». Le ministre a rappelé les besoins du secteur jusqu’en 2019 qui sont estimés à 3 millions de tonnes de fer, 30 millions de tonnes de ciment, 30 millions de tonnes de briques,  110 millions de m2 de carrelage, 50 millions de m2 de céramique, 6 millions d’unités de robinetterie, 2 millions d’équipements sanitaires.
Et c’est justement pour répondre à cette énorme demande que Temmar a appelé les opérateurs publics et privés à mobiliser toutes leurs capacités de production pour y faire face. Temmar a rappelé d’ailleurs la décision de son département de recourir exclusivement aux matériaux nationaux pour la réalisation des projets programmés, décision inscrite comme clause dans les cahiers des charges. Cette clause stipule qu’il « est strictement interdit de recourir aux produits et matériaux étrangers sauf en cas de nécessité et préconise l’utilisation exclusive de produits fabriqués localement ».