C’est certainement l’affiche premium ce week-end ! Camp Nou abritera le 176e duel en Liga entre le FC Barcelone (70 victoires) et le Real Madrid (77 victoires). Si les jeux sont faits pour ce qui est du sacre remporté officiellement par le «Barça» dimanche dernier, ce «Clásico» cache d’autres enjeux. Surtout pour les Catalans qui mettent leur invincibilité en jeu face à l’éternel rival. Les Madrilènes peuvent-ils gâcher la saison de leurs ennemis jurés ?

Les Barcelonais, fraîchement décorés champions d’Espagne après leur succès (2-4) face au Deportivo La Corogne, le week-end écoulé, ne pouvaient pas tomber sur plus coriace. Certes, le team de Zinedine Zidane n’est que 3e en championnat mais il s’agit du finaliste de la Ligue des champions de cette année et double-tenant de titre en C1. Battue largement (0-3) à l’«aller» à Santiago Bernabeu, la «Maison-Blanche» veut bien «ruiner» la fête de la bande à Ernesto Valverde qui n’a jamais goûté à la défaite cette saison en challenge national. Elle reste même sur une série de 41 rencontres sans revers, record absolu en Espagne. La référence c’était Real Sociedad de 1979-1980.
Le FCB est à quatre matchs pour devenir la première équipe de l’histoire moderne de la Liga à être titrée sans céder les trois points en 38 journées. Il faut remonter aux années 1930 pour trouver des antécédents. C’était le… Real Madrid de l’opus 1931-1932. Mais il y a un détail important à souligner, on ne jouait que 18 rounds à l’époque. Pour le coach des Blaugrana : «Terminer la Liga sans perdre serait extraordinaire. Nous allons tenter d’y parvenir, il nous reste quatre matches et nous allons essayer.» Si ce souhait se réalise, il rejoindra le trio Antonio Conte, Arsène Wenger, Fabio Capello parmi les seuls techniciens « invincibles » de l’ère moderne. Ils drivaient la Juventus (2011/2012), Arsenal (2003/2004) et l’AC Milan 1991/1992) dans ce sens.

Zidane solide dans l’antre barcelonais

La dernière contreperformance de Lionel Messi, bien parti pour terminer «Pichichi» avec 31 réalisations au compteur, et consorts en Liga remonte au 8 avril 2017 chez Malaga (2-0). Cela fait presque 13 mois qu’ils ne sont pas sortis bredouilles d’une opposition en championnat. Néanmoins, Il y a le Real qui les as mis à mal sur le plan local. C’était en début de saison. Rappelez-vous, en août dernier, en Super Coupe d’Espagne, Cristiano Ronaldo & Cie s’étaient imposés en aller-retour (1-3 et 2-0) avant d’être battus à Madrid fin décembre dernier (0-3) en Liga. Néanmoins, bien qu’il ait été dominé à domicile, Zinedine Zidane n’a jamais subi la loi du team 25 fois champion d’Espagne au Camp Nou avec un bilan de 2 victoires et un nul 1 en 3 tests. Une tendance à confirmer dès ce soir pour la 237e empoignade entre les deux prestigieuses institutions toutes compétitions réunies. Même s’il sait qu’il ne sera pas favori ce soir avec sa bande face à un adversaire qu’il a tenu à féliciter après son doublé domestique (Liga-Copa Del Rey). «En Liga, c’est clairement Barcelone, parce qu’ils méritaient de remporter le titre cette saison. Nous devons donc les féliciter. Ils ont gagné deux choses et ils ont fait une excellente saison. Nous ne pouvons rien enlever à Barcelone », a-t-il reconnu.

Pas de « pasillo » !

S’il a congratulé le « Barça » pour son double triomphe national, Zizou a révélé que ses joueurs ne feront pas de « pasillo » (haie d’honneur réservée au club champion avant l’heure, NDLR) aux camarades d’Ousmane Dembélé.
« Nous n’allons pas faire le pasillo, et c’est tout. Nous nous concentrons sur le match de demain, mais sachez déjà que nous ne ferons pas le pasillo. La réponse est très claire, et je n’ai pas besoin de me justifier sur ce thème. Dans quinze jours, vous allez tous m’en parler. Donc là, quelqu’un me pose la question, je lui réponds et je ne me prononcerai plus du tout sur ce thème. Je ne comprends pas cette histoire de pasillo… », étaient les mots de l’ancien numéro 10 de l’équipe de France avant le derby face à l’Atlético de Madrid soldé par un score de parité (1-1) le 8 avril dernier. La genèse de cet imbroglio ? Il faut juste remonter à la Super Coupe d’Europe entre le Real Madrid et Manchester United que les Espagnols ont décrochée le 8 août 2017. Soit juste avant la Super Coupe d’Espagne entre les «Merengue» et les «Blaugrana». Les Madrilènes s’attendaient à ce que leurs rivaux leur fassent un «pasillo» cinq jours plus tard mais il n’en fut rien. «ZZ» s’en souviendra toujours. Pour ce soir, il a décidé de boycotter la tradition. Une attitude qui n’est pas du goût d’un ancien de la maison, à savoir Fernando Morientes. « J’aimerai que le Barça comme le Real Madrid respectent la tradition du pasillo et mettent de côté toute polémique. L’image transmise aux jeunes lors de ce genre de matches est très importante », explique l’ancien avant-centre de la franchise, 12 fois championne d’Europe. Le décor a été planté pour ce véritable choc d’hégémonie. Reste juste à regarder le spectacle sur le rectangle vert.