La reconduction, depuis hier, d’Abdelkader Bensalah à la tête du Conseil de la nation a mis fin à un faux suspense suscité autour de ce poste. Mais plus que la fin d’un faux suspense, cette reconduction annule de fait la probabilité de nomination de Bensalah à la tête du Conseil constitutionnel en succession à feu Mourad Medelci, décédé avant-hier. Le maintien de Bensalah donne également du tonus au duo FLN-RND, membres de l’Alliance de la majorité présidentielle avec le MPA et TAJ, plus que jamais renforcé à l’heure de l’élection présidentielle.
Désigné par le chef de l’Etat au titre du tiers présidentiel, M. Bensalah a été plébiscité par la suite président de la Chambre haute du Parlement pour un nouveau mandat de trois ans, soit de 2019 à 2022. Annoncé à maintes reprises, partant du perchoir de la Chambre haute du Parlement, pour des raisons de santé, les résultats définitifs des élections portant renouvellement partiel des membres du Sénat, tenues le 29 décembre dernier, n’ont pas manqué de renforcer une telle prévision. Car dans ces élections, le RND -parti auquel appartient Abdelkader Bensalah- a essuyé une défaite cuisante devant le FLN, ce qui justifierait, dit-on, un remplacement de Bensalah par un sénateur du FLN. Surtout que le déroulement de ces élections sénatoriales a été émaillé par des incidents et autres batailles rangées entre militants des deux formations politiques. C’est le cas notamment dans les wilayas de Tlemcen et Oran.
D’ailleurs les résultats de cette joute ont été carrément annulés s’agissant de la wilaya de Tlemcen, où le RND avait été annoncé vainqueur avant que les résultats ne soient annulés et organiser de nouveau le vote du collège électoral. S’en est suivi, les réactions pas souvent « fair-play » de la part des dirigeants des deux partis qui se disputaient des sièges au sein de la Chambre haute du Parlement. Et le succès du FLN était tellement net qu’il légitimerait son accession à la présidence du Conseil de la nation. Cette suggestion n’a pas été manifestement écoutée par les dirigeants du FLN qui n’ont pas trouvé d’inconvénients à ce que Bensalah soit reconduit dans son poste. Pour preuve. Les sénateurs de l’ancien parti unique ont approuvé à l’unanimité la reconduction de Bensalah dans ses fonctions de président du Sénat.
Ce n’est pas tout, dans la mesure où le report de la séance d’installation des nouveaux membres du Conseil de la nation a également renforcé les soupçons quant au sort qui serait réservé à M. Bensalah. Il est ainsi utile de souligner que la séance d’installation officielle devait avoir lieu il y a une quinzaine de jours. Et cet ajournement a vite ouvert la voie à des supputations de tout genre allant jusqu’à prédire une succession ouverte au poste du président du Sénat. Avant que sonne, depuis
hier, la reconduction de Bensalah, qui offre manifestement du punch à la concertation
FLN-RND, premières forces politiques du pays.