En moins d’un an d’exercice, il a réussi à sublimer une équipe nationale qui semblait complètement à la dérive. Son prédécesseur a même dit que s’il s’en allait, la sélection plongera dans une véritable crise. Face à ce mauvais présage, l’actuel driver l’a tirée à bout de bras pour la replacer parmi le gotha africain en l’espace de dix mois. Un temps express pour passer du désarroi à l’allégresse. L’Algérie jouera sa troisième finale en Coupe d’Afrique des nations ce vendredi. Retour sur une résurrection dont l’architecte a un nom : Djamel Belmadi.

Le qualificatif est flatteur. Et il est signé l’expérimenté Claude Le Roy qui a coaché sept sélections africaines depuis 1985 quand il avait pris les rênes de la barre technique du Cameroun. Le mot est bien choisi : « Guardiolesque » en référence à la philosophie de jeu de Pep Guardiola, l’un des entraîneurs les plus titrés au monde. Le technicien espagnol a sa propre vision du football et il l’assume en essayant de la cristalliser sur le terrain. Au même titre que Djamel Belmadi fidèle à sa ligne de conduite et de principes depuis le premier jour, soit le 2 août 2018, où il avait été désigné comme maître du banc des « Verts ». Intégralement, après avoir visionné l’Algérie lors de ses quatre premières sorties dans la compétition continentale, Le Roy a estimé que l’EN « est tellement bien organisée, tellement compacte, tellement guardiolesque dans la récupération collective du ballon… C’est peut-être un peu l’influence de Mahrez avec Djamel Belmadi, mais c’est une équipe parfaitement bien organisée.» Le technicien français parle de perfection. Tout simplement. C’était après que les « Guerriers du Sahara » avaient rendu la copie limpide avec 4 succès d’affilée pour 9 buts marqués et 0 concédé.

Bilan édifiant
Les prémices d’une campagne réussie étaient déjà là. Aujourd’hui, Sofiane Feghouli & cie sont en finale. Un stade qui s’apparentait, dans un passé très récent, à l’imaginable. C’était avant que Belmadi ne débarque pour tout aplanir et rebâtir. Beaucoup disent que ce n’était pas le choix « numéro 1 » de la Fédération (FAF), cependant, pour ce qui est de sa qualité d’entraîneur, elle est certainement de premier choix. Niveau bilan, depuis qu’il est aux commandes, « El Khedra » n’a concédé qu’un seul revers pour 3 nuls et 11 victoires pour 25 buts inscrits et 7 de pris seulement. Sa troupe reste, il faut le souligner, sur sept succès de rang si l’on compte celui acquis face au Mali lors de la préparation. La machine semble plus huilée que jamais et tout le monde se met à espérer la consécration et le règne au sommet du continent. Telle une prémonition mélangée à l’invraisemblable ambition, l’ex-coach d’Al-Duhail avait annoncé qu’il jouerait la CAN 2019 pour aller au bout dès son premier face-à- face avec la presse du pays. Au moment où il avait fait part de cette intention, cela paraissait de la pure folie. Un pari qui avait des chances infimes (pour ne pas dire nulles) d’aboutir et se réaliser. Quinze match après, toutes compétitions réunies, Belmadi a reconstruit l’équipe et forgé une réputation de meneur d’hommes. Un faiseur de miracles. Même s’il assure ne pas en être un.