Certains partis et personnalités politiques sont toujours attendus sur leur participation ou non à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Ces partis se caractérisent toujours par une tergiversation, qui en dit long sur les difficultés à se positionner sur un évènement politique d’envergure que pourrait l’être une candidature pour le poste de chef d’Etat. Alors que Abdelmalek Sellal au nom du candidat-président, a déjà lancé la machine, en expliquant diligemment les réformes politiques et économiques profondes que Bouteflika envisage s’il est réélu ce 18 avril 2019, les retardataires doutent encore. Ali Benflis, qui avait participé aux deux derniers scrutins présidentiels avec les échecs que l’on sait, tarde à exprimer sa décision à l’opinion. Contrairement à 2014, l’évolution des choses ne semble pas engageante pour le leader de Talae Al Hourryet. Louisa Hanoune, au nom du Parti des travailleurs, n’a toujours pas pris de décision. La pasionaria algérienne, tout en critiquant avec opiniâtreté le pouvoir, a annoncé que le verdict de son parti sera pris ultérieurement par le comité central. Abdallah Djabalah souffle toujours le chaud et le froid, ne sachant plus sur quel pied danser. Entre une critique acerbe du système en place et une volonté manifeste d’opter pour un candidat unique représentant l’opposition, il y a comme une forme de double discours, symptomatique d’une inaptitude à anticiper. Les hésitations des retardataires expliquent probablement une difficulté à voir clair et à garantir les hypothétiques dividendes d’une éventuelle participation. En tout état de cause, ces personnalités politiques diverses ne devraient pas, date limite oblige, tarder à décider de l’attitude à prendre face au grand rendez-vous d’avril. Boycotter et en prendre la responsabilité ou désigner un candidat et s’engager dans la bataille électorale qui s’annonce déjà chaude. La carence dans l’anticipation, cet art indispensable dans la pratique de la politique, semble une véritable marque de la vie partisane algérienne.