Comme souvent dans les matches qui comptent en C1, Cristiano Ronaldo a répondu présent face à Lyon vendredi. Mais son doublé n’a pas suffi à masquer les faiblesses de la Juve. Arrivé à Turin pour remporter la Ligue des champions, le Portugais n’a pu emmener son équipe au-delà des quarts de finale ces deux dernières années.
Une fois de plus, il avait revêtu la panoplie de Zorro. Dans le rôle du sauveur, Cristiano Ronaldo en connaît un rayon. L’an passé, son triplé ébouriffant avait offert à la Juventus Turin une «remontada» inespérée face à l’Atlético de Madrid (défaite 0-2 à l’aller, victoire 3-0 au retour) en huitième de finale de la Ligue des champions. Vendredi soir, son doublé a donné des sueurs froides aux supporters lyonnais, mais il n’a pas suffi. Et pour la première fois depuis quatre ans, la «Vieille Dame» ne sera pas au rendez-vous des quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes.
Cet échec est aussi marquant pour le quintuple Ballon d’or portugais, qui ne s’était plus arrêté si tôt en C1 depuis une décennie. A l’époque, il évoluait sous les couleurs madrilènes et avait subi un véritable camouflet, déjà, contre Lyon. Tiens, tiens… Le destin vous inflige parfois des clins d’œil désobligeants. Mais au-delà de l’anecdote, cette élimination fait d’autant plus mal à Ronaldo qu’elle l’empêche de retrouver Lisbonne et son pays, le Portugal, où il aurait tant aimé s’offrir une nouvelle Coupe aux grandes oreilles.

Ronaldo au four et au moulin
Et pourtant, malgré ses 35 printemps, le Lusitanien n’aura pas grand-chose à se reprocher. Comme à son habitude quand les choses sérieuses arrivent, il a pris ses responsabilités. D’abord pas franchement en réussite dans ses frappes, il a envoyé un premier missile sur coup franc qu’Anthony Lopes a sorti d’une sublime parade (40e). Puis, il s’est fait un plaisir de transformer le penalty généreusement accordé à son équipe pour une main de Memphis Depay (1-1, 43e).
Et alors que les Turinois s’empalaient sur le mur de la défense lyonnaise en seconde période, il a prouvé, une fois de plus, qu’il était un joueur hors norme d’une frappe limpide du gauche, sans élan, qui a redonné l’avantage et l’espoir aux siens (2-1, 60e). Les esprits chagrins s’attarderont sur ses deux coups de tête non cadrés (20e, 76e), lui qui est d’habitude si à l’aise dans ce domaine grâce à sa détente verticale phénoménale. C’est peut-être ici le seul bémol à retirer de sa performance.

Malgré sa star, la Juve a régressé
Mais Ronaldo a sorti le match qu’il fallait pour permettre à son équipe de renverser la vapeur. Le plus triste finalement pour lui sera de constater que ses 66e et 67e buts dans des matches à élimination directe en C1 (20 dans ses 13 derniers à domicile dans des matches couperets) n’ont pas pesé assez en raison de la globale médiocrité de la performance collective de la Juve.
Alors que les Bianconeri ont repris et terminé leur championnat, ce qui aurait dû leur permettre d’être plus en jambes que leurs adversaires – Lyon n’a disputé qu’un match officiel : la finale de la Coupe de la Ligue face au PSG -, ils ont cruellement manqué d’intensité. Si Ronaldo ne peut plus produire les accélérations balle au pied dont il était coutumier, il compense par son efficacité redoutable devant le but. On ne peut pas en dire autant de ses coéquipiers. L’absence de Paulo Dybala, qui est entré en jeu un court moment avant de rechuter (blessure à la cuisse), a aussi pesé dans le manque de variété et de créativité offensive. Un constat s’impose : trop Ronaldo-dépendante, la Juve a régressé et n’a jamais semblé si loin de renouer avec la victoire en C1. n