Les efforts de l’Etat pour relancer les établissements économiques publics à l’arrêt se poursuivent. Dans la dynamique amorcée l’année dernière au profit des entreprises concernées par cette opération, de nouvelles entreprises pourraient, à leur tour, tirer profit des mesures mises en place par les pouvoirs publics et redémarrer leur machine industrielle.

Par Feriel Nourine
C’est le cas, entre autres, de l’usine Tuberie Gaz de Tébessa (TGT Anabib), située dans la zone industrielle d’Elma Labiod et dont la production tourne au régime minimal depuis de nombreuses années, principalement en raison de difficultés financières.
Sa remise en marche totale figurait déjà dans les plans des précédents gouvernements, mais cet objectif est resté au stade de projet qui n’a pas été concrétisé. Il n’a pas pour autant été abandonné, comme l’a laissé clairement entendre le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, à Tébessa où il effectuait, hier, une visite d’inspection.
Dans un commentaire sur la situation de TGT, M. Zeghdar a expliqué que «la question de relancer et ressusciter cette usine est actuellement à l’étude, alors que des pourparlers et des négociations sont en cours», indique un communiqué du ministère.
En ce sens, «des négociations sont en cours avec la Banque extérieure d’Algérie (BEA) pour étudier cette question et parvenir à une solution définitive à cette usine», a précisé le ministre. Cette usine, qui était affiliée au groupe Groupe des Industries métallurgiques et sidérurgiques (Imetal), produisait 60 000 tonnes par an de tubes en acier et d’accessoires de fixation, avant que sa propriété ne soit transférée à la BEA, en 1999, chez qui TGT avait contracté d’énormes dettes.
Le premier responsable du secteur a même affirmé que le dossier de TGT allait atterrir sur la table du Conseil des Participations de l’État d’ici trois mois, afin d’arriver à «une solution définitive à sa situation, que ce soit à travers des partenariats avec des investisseurs nationaux ou étrangers», a-t-il souligné.
A l’instar des ministres de l’Industrie qui l’avaient précédé au chevet de cette entité industrielle, M. Zeghdar n’a pas manqué de soutenir qu’«il est déraisonnable qu’une usine de cette taille reste dans cette situation».
Ainsi donc, l’usine TGT de Tebessa pourrait rejoindre la liste des usines réhabilités après des années d’arrêt d’activité dû à des problèmes fonciers et de cumul de dettes qui laissent souvent transparaitre des lacunes en matière de gestion.
«Une extrême importance à la relance des entreprises à l’arrêt, notamment les entreprises publiques», indique régulièrement le même ministre.
Sur les 51 entreprises publiques économiques enregistrées sur ce registre, 10 ont été relancées et 19 devaient être remises en service avant la fin de 2022, avait indiqué ce dernier, en décembre dernier. Les entreprises restantes étaient programmées pour 2023, avait-il ajouté.

Relance de 23 entreprises après la levée d’entraves
Hier, le ministre de l’Industrie a fait état de la relance en 2022 des activités de pas moins de 23 entreprises industrielles dans plusieurs wilayas du pays après la levée d’entraves. Le ministre a précisé que conformément au plan d’action du gouvernement, les services de son département ministériel ont «recensé 51 entreprises sous tutelle du ministère de l’Industrie qui étaient à l’arrêt depuis plusieurs années pour diverses raisons dont 23 ont été relancées en 2022 dans plusieurs wilayas», soulignant que «l’opération se poursuit toujours». «Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des directives du président de la République M. Abdelmadjid Tebboune visant à engager une dynamique de développement économique au travers le territoire national pour se libérer de la dépendance à l’égard des hydrocarbures, diversifier les sources de revenus et réduire la facture des importations». L’opération relance des entreprises publiques à l’arrêt a vu l’Etat dégager une enveloppe de plus de 33 milliards de dinars, a-t-il encore précisé, rappelant qu’une réforme des statuts des entreprises à l’arrêt a été engagée, sur la base d’un accompagnement de l’Etat et la relance de l’activité par des partenariats public-privé-étranger.
Une fois toutes les entreprises concernées relancées, plus de 2 642 emplois seront créés, a-t-on prévu.
Outre la relance d’établissements économiques publics, l’Etat s’affaire à remettre en marche les entités dont les patrons sont en détention pour des affaires de corruption. Dans le cadre des décisions de confiscation des biens, prononcées par la justice à l’encontre des hommes d’affaires et de hauts responsables du pays, condamnés définitivement dans les multiples affaires de corruption, plusieurs entreprises avaient été reprises par l’Etat dont quelques-unes ont même repris leurs activités. <