La chambre d’accusation près la Cour d’Alger doit réexaminer, aujourd’hui, le dossier du général-major à la retraite Ali Ghediri. Ce réexamen, à l’ordre du jour depuis la décision le 16 décembre dernier de la Cour d’accepter le pourvoi en cassation, continue de susciter de l’espoir chez les avocats de l’ancien candidat à la présidentielle de 2019 qui misent sur un «non-lieu», synonyme de délivrance. «Un non-lieu est l’issue la plus logique de l’affaire à partir du moment où la Cour suprême a estimé que l’accusation est infondée», a souligné l’avocate Aouicha Bakhti, qui considère «inadmissible» que Ghediri soit en détention depuis une si longue durée.
En effet, depuis qu’ils ont eu le quitus de la Cour d’Alger pour un réexamen du dossier, suite à la requalification des chefs d’inculpation, en gardant la charge «d’atteinte au moral de l’armée», alors que l’accusation «d’intelligence avec l’ennemi», retenue par le juge instructeur de l’affaire en 2019, ne figure plus dans les faits reprochés à l’ancien haut gradé de l’institution militaire, les avocats disent commencer à voir le bout du tunnel pour Ali Ghediri.
«La requalification des accusations ainsi que le contexte dans lequel intervient ce réexamen du dossier, différent de celui du procès dans ses deux instances, peuvent générer une issue plutôt heureuse dans cette affaire», indique l’un des avocats de Ghediri en détention provisoire depuis le mois de juin 2019. En plus de cette requalification des accusations, à mettre à l’actif des avocats, le concerné lui-même multiplie les messages à l’adresse des autorités. Dans une lettre écrite à partir de sa cellule pénitentiaire, Ghediri a désigné «les survivants de l’ancien système» accusés «d’être à l’origine de son confinement politique». «Tout ce que j’ai subi durant mon confinement politique à la prison d’El Harrach a une seule source et une seule cause, à savoir ma candidature à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, criminalisée volontairement sur la base de mon programme électoral», avait-il écrit, tout en refusant de comparaître devant la chambre criminelle.
Avant que la Cour suprême n’accepte la demande de pourvoi en cassation, c’est le Comité national pour la libération d’Ali Ghediri, composé notamment d’avocats, qui avait appelé à sa libération, dénonçant «un emprisonnement arbitraire pour des raisons politiques et non pas juridiques».
Il faut rappeler qu’une confusion a accompagné cette étape de réexamen du dossier Ghediri annoncée pour la mi-janvier par un de ses avocats. Un rendez-vous qui n’a pas eu lieu parce que «les délais procéduraux n’ont pas été épuisés dans la mesure où la Cour suprême n’avait rendu son arrêt que le 13 janvier en cours et qu’il faudrait au moins une semaine pour que la chambre d’accusation se penche de nouveau sur l’affaire», avait-on expliqué. n