Après la confusion quant au réexamen par la Cour d’Alger du dossier Ali Ghediri, annoncé pour dimanche dernier, mais qui n’a pas eu lieu finalement, le rendez-vous est désormais programmé pour le 31 janvier, a affirmé hier l’avocate Nabila Slimi. Concernant le cas de Rachid Nekkaz, ses avocats ont indiqué, hier, que sa demande de libération provisoire sera étudiée aujourd’hui au niveau de la Cour d’Alger. En effet, et s’agissant du cas d’Ali Ghediri, le réexamen du dossier est inscrit à l’ordre du jour depuis la décision de la Cour suprême, le 16 décembre 2020, d’accepter le pourvoi en cassation introduit par les avocats du détenu à la prison de Koléa. Le général-major à la retraite et ancien candidat à la présidentielle d’avril 2019 comparaîtra ainsi devant la chambre d’accusation. Depuis la décision de la Cour suprême, le collectif de défense de Ghediri ne cache pas son «optimisme» de voir son client bénéficier d’un non-lieu suite à la requalification des chefs d’inculpation en retenant la charge «d’atteinte au moral de l’armée» alors que l’accusation «d’intelligence avec l’ennemi», retenue par le juge instructeur de l’affaire en 2019, ne figure plus dans les faits reprochés à l’ancien haut gradé de l’institution militaire. «La requalification des accusations ainsi que le contexte dans lequel intervient ce réexamen du dossier, différent de celui du procès dans ses deux instances peuvent générer une issue plutôt heureuse dans cette affaire», indique l’un des avocats de Ghediri en détention provisoire depuis le mois de juin 2019.
S’agissant de la confusion créée par l’annonce pour le début de la semaine du réexamen du dossier, un avocat a expliqué que les délais procéduraux n’ont pas été épuisés dans la mesure où la Cour suprême n’avait rendu son arrêt que le 13 janvier en cours et qu’il faudrait «au moins une semaine pour que la chambre d’accusation se penche à nouveau sur l’affaire».
Nekkaz ramené de Koléa à Sidi M’hamed
Pour sa part, le dossier de l’activiste Rachid Nekkaz, en détention lui aussi, ne cesse de connaître des rebondissements depuis quelques heures. Après la programmation de sa demande de libération provisoire par la Cour d’Alger, décision annoncée lundi, son avocat Abdallah Haboul a indiqué, hier, que la séance de comparution de Nekkaz devant la chambre d’accusation près le Tribunal d’Alger est prévue pour aujourd’hui 20 janvier. La journée d’hier a été, cependant, marquée par la présentation, à la surprise générale, de Nekkaz, ramené de la prison de Koléa devant le juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed sans que ses avocats ne soient informés. «C’est par hasard qu’un de nos collègues, membre de collectif de défense, a appris que Rachid Nekkaz a été présenté devant le juge d’instruction près le Tribunal de Sidi M’hamed», a affirmé Maître Zoubida Assoul, une de ses avocates, qui soupçonne l’existence d’une nouvelle affaire ouverte contre l’homme politique dans la mesure où «le dossier pour lequel il est poursuivi actuellement est ouvert au niveau du Tribunal de Dar-El-Beïda, à Alger», souligne-t-elle. De son côté, l’avocat de la défense, Yassine Khelifi, a fait part, sur les réseaux sociaux, qu’une nouvelle affaire judiciaire a été ajoutée au dossier de Rachid Nekkaz évoquant «des menaces et agressions à l’encontre d’un policier dans l’exercice de ses fonctions». Arrêté en décembre 2019, Nekkaz est poursuivi par la chambre criminelle près la Cour d’Alger pour «menace de mort» et «mise en danger de la vie d’autrui», rappellent ses avocats. L’accusation est bâtie sur une vidéo dans laquelle Nekkaz menaçait les députés de «passer à la kalachnikov s’ils votaient en faveur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures», adoptée au Parlement en novembre 2019, selon les explications des avocats.<