Le Directeur de la pénitentiaire auprès du ministère de la Justice a semblé couper court, jeudi, à la rumeur que des détenus seraient atteints du Covid-19. En effet, le Directeur général de l’Administration pénitentiaire, Fayçal Bourbala, a affirmé à l’APS «l’absence de cas» parmi les pensionnaires des prisons et établissements pénitenciers.
Selon M. Bourbala, «le ministère de la Justice a pris des mesures anticipées pour empêcher la propagation de la pandémie en milieu carcéral et ce, dès l’apparition des premiers cas dans le pays». Parmi les mesures prises, il cite «la suspension provisoire des visites des familles des prisonniers, la mise en quarantaine des nouveaux détenus pendant 14 jours dans des salles isolées et la garantie d’un suivi médical». Il fait état également de l’interdiction de sortie «des détenus des établissements pénitentiaires, à la demande de juges d’instruction, sauf dans les cas d’extrême urgence, de même que l’interdiction de tout contact direct des détenus avec leurs avocats». Le Directeur de la pénitentiaire affirme aussi que «tous les produits d’hygiène et de désinfection ont également été mis à la disposition des prisonniers et des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire». Parmi les mesures préventives prises aussi, avant tout contact avec les détenus, «l’obligation pour les fonctionnaires des prisons de porter des moyens de protection, en leur interdisant de sortir en dehors de l’établissement pénitentiaire sauf pour un motif valable». Selon la même source, des campagnes de sensibilisation à la pandémie de Covid-19 sont également menées par des médecins généralistes en faveur des détenus et des fonctionnaires et ce «à travers le nettoyage et la désinfection, au quotidien, des structures relevant des établissements pénitentiaires par les services communaux et sanitaires compétents et l’acquisition des moyens de protection auprès de la Pharmacie centrale des hôpitaux». Dans le but de renforcer ces mesures et d’assurer leur continuité, apprend-on également, le ministère a fait part de la mise en place d’une cellule de crise au niveau de chaque Cour de justice, présidée par le Procureur général compétent, regroupant les directeurs des établissements pénitentiaires et des médecins généralistes, qui se réunit périodiquement pour évaluer la situation, en coordination avec les services sanitaires compétents. Fayçal Bourbala indique par ailleurs que 30 établissements pénitentiaires sont mobilisés pour la production de 200 000 masques de protection. L’Administration pénitentiaire, explique-t-il, a lancé une initiative consistant «à ouvrir des ateliers de couture pour «la confection de 200 000 masques par les prisonniers» de ces 30 établissements pénitentiaires «en vue de répondre à leurs propres besoins et à ceux des tribunaux, en attendant l’élargissement de l’opération au secteur de la santé».
Le responsable ajoute qu’«une deuxième opération sera lancée dès la finalisation de la première, englobant la confection de tenues et combinaisons de protection en faveur du personnel médical, avant de procéder à la fabrication de cabines de désinfection, prévue au niveau de trois établissements».