Le complexe n’en finit pas d’être poussif. Au tableau, un bilan négatif avec des pertes de plusieurs milliards et un DG limogé pour mauvaise performance !

La crise multiple qui secoue le complexe sidérurgique d’El Hadjar, depuis près de deux années, a fini par avoir raison du Président-Directeur général Chemsseddine Mattallah. Ce dernier a été limogé hier par l’assemblée générale, qui s‘est réunie en session ordinaire au siège du groupe Imetal, fait savoir un communiqué du complexe.
Cette mise à l’écart a été précédée par une démission collective des membres du Conseil d’administration et la désignation d’un nouveau qui n’a pas tardé à nommer un nouveau PDG, en l’occurrence Réda Belhadj, qui occupait préalablement le poste de Directeur des projets au sein du complexe.
Les membres de l’AG reprochent sa mauvaise gestion qui a causé un déficit budgétaire de 1 400 milliards de centimes, en 2019, au joyau de l’industrie sidérurgique algérienne, explique le communiqué, précisant que ces pertes financières ont porté un coup dur à l’équilibre financier du complexe et rendu de plus en plus difficile le paiement des salaires de quelque 4 500 employés.
D’où la décision de ce limogeage visant à mettre fin à la situation et arrêter l’hémorragie financière qui a plongé le complexe d’El Hadjar dans une tourmente qui n’en finit plus depuis deux années avec, comme principaux indicateurs, des arrêts d’activité réplétifs et la contestation quasiment sans trêve des travailleurs, dont le représentant syndical n’a cessé, entre temps, de pointer du doigt le staff dirigeant, et à sa tête le désormais ex-Directeur général qu’il accusait d’être à l’origine des déboires vécues
Un poste que le PDG écarté hier avait rejoint en avril 2018, c’est-à-dire il y a deux années presque jour pour jour, sans jamais faire l’unanimité autour de sa gestion dans une étape où le complexe d’El Hadjar devait mettre le cap sur la modernisation et, partant, l’augmentation de sa production de sorte à réduire la facturation des produits sidérurgiques. Dans cette perspective, ses dirigeants ont pu compter sur une assistance financière répétée des pouvoirs, dont la coquette somme de 26 milliards de dinars versés au compte de la seconde phase du programme d’investissement de modernisation de plusieurs unités industrielles du groupe. Une phase qui n’a cependant jamais été menée à bout et les promesses des nouveaux équipements modernes qu’elle devait mettre au service de l’outil productif n’ont jamais été tenues.
Parallèlement, le Haut fourneau (HF) n° 2, le maillon fort de la chaîne de production, faisait des siennes à travers des arrêts chroniques que les responsables du complexe justifiaient par le manque de matière première, sans toutefois convaincre le syndicat des sidérurgistes qui, de son côté, n’hésite pas à crier aux « arrêts programmés ».
Pour rappel, le complexe Sider dispose d’une capacité de production de 2 400 tonnes par jour de produit ferreux, soit 1 000 tonnes de fer à béton et 1 400 tonnes de produits plats. Lors d’un Conseil interministériel tenu en septembre dernier, il a été décidé que les entreprises ayant à charge des projets publics devront s’approvisionner à El Hadjar. Cette initiative, prise sous la houlette de l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui, s’inscrivait dans une démarche visant à réhabiliter le complexe à travers des mesures qui permettront de « traiter immédiatement les différentes entraves au fonctionnement » du site et « relancer son activité selon les normes en vigueur, développer ses capacités de production et promouvoir le produit national », avait-on souligné.
Parmi ces mesures, « l’obligation pour toutes les entreprises en charge de la réalisation des projets publics d’approvisionner leurs chantiers exclusivement en fer produit localement, essentiellement à partir du complexe d’El Hadjar», a-t-on expliqué, ajoutant que « cette condition sera dorénavant introduite dans les cahiers des charges relatifs à tout projet financé par le Trésor public».