Le directeur général des archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, a qualifié de «geste positif» et «important» la décision du président français, Emmanuel Macron, de déclassifier, à partir d’aujourd’hui, les archives de plus de 50 ans dont celles ayant trait à la Guerre de libération nationale.
«Je peux dire, pour l’instant, que c’est une très bonne décision et c’est une ouverture s’il y a un suivi permettant de la mettre en application assez largement afin que les chercheurs algériens, particulièrement, puissent accéder à ces documents», a estimé M. Chikhi, hier, dans une déclaration à l’APS, au lendemain de l’annonce de la déclassification des archives françaises. Il a, par la même occasion, relevé que la facilitation de l’accès aux documents de plus de 50 ans dont ceux de la Guerre d’Algérie «intervient en réponse surtout à une action de la famille universitaire française qui avait envoyé des pétitions au Président français lui demandant d’ouvrir les archives et surtout la levée des restrictions qui avaient été faites concernant ce qu’ils ont appelé le ‘’secret défense’’».
S’appuyant sur le communiqué de la présidence française, le directeur général des Archives nationales a indiqué qu’il est également important de voir comment les choses vont évoluer sur le plan législatif. Il faut maintenant «attendre les dispositions qui seront prises sur le plan législatif comme le souligne le communiqué de la présidence de la République française, sur le plan réglementaire vis-à-vis de ce qui est appelé secret de Défense nationale et, également, le respect de la sécurité nationale et d’un certain nombre de contingences que tous les Etats sont tenus de respecter».
Et à M. Chikhi de souligner : «Ce que nous pouvons dire pour l’instant, c’est que l’accès sera un peu plus ouvert, surtout que la période concernée est très importante pour l’histoire de l’Algérie. Elle se situe entre les années 1920 et 1970 qui comprend la période durant laquelle le mouvement national était en gestation» et dont plusieurs date ont marqué l’Histoire du pays. «Il y a donc un certain nombre de faits très importants et nous sommes dans la période la plus dense de l’Histoire de l’Algérie en matière politique et en matière de rapport entre l’Algérie et la France», a-t-il noté, insistant sur le fait que ce déclassement est «une première étape».
«Il y a beaucoup à faire. Les archivistes français vont se pencher sur pas mal de dossiers. J’espère que ce sera positif pour l’écriture de l’Histoire de l’Algérie», a conclu le directeur général des Archives nationales.
Avant-hier mardi, le président français Emmanuel Macron a décidé de faciliter l’accès aux archives classifiées de plus de 50 ans, notamment celles sur la guerre d’Algérie. «Le Chef de l’Etat a pris la décision de permettre aux services d’archives de procéder dès demain aux déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale (…) jusqu’aux dossiers de l’année 1970 incluse. Cette décision sera de nature à écourter sensiblement les délais d’attente liés à la procédure de déclassification, s’agissant notamment des documents.