Le Directeur général des laboratoires Merinal, Nabil Mellah, a été placé en détention provisoire, dimanche 09 mai 2021, par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’Hamed. Ce chef d’entreprise est accusé de « blanchiment d’argent » et « d’infraction sur les mouvements de capitaux » à la suite d’une plainte du ministère de l’Industrie pharmaceutique, dans le cadre d’une enquête sur des exportations de médicaments.
M. Mellah a été maintes fois convoqué par la justice pour des questions de respect de la réglementation des changes – une assignation que beaucoup d’opérateurs engagés comme lui dans l’export du médicament vers des marchés africains trouvent injuste. Durant la semaine dernière, il a été entendu plusieurs fois par la brigade de gendarmerie de Bab Jdid pour « pratique commerciale illicite » et visant Vapropharm, société-soeur de Merinal.
Le DG de Merinal a été placé en garde à vue jeudi 06 mai 2021 avant d’être présenté devant le Procureur près le tribunal susnommé. Selon Maghreb Emergent, l’affaire est liée à une « vente à perte » du produit pharmaceutique Imurel. Une affaire qui remonte à 2015 lorsque la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a émis un appel d’offres pour l’acquisition de médicaments d’immunodépresseurs. L’offre de Vapropharm a ainsi été rejetée, en raison de son prix considéré comme étant moins compétitif que celui des autres soumissionnaires.
La société sœur de Merinal s’est ainsi vu proposer l’obtention de 50% du marché à condition que la société s’aligne sur le prix le plus bas. Son fournisseur, une société sud-africaine, a accepté de payer la différence pour s’aligner sur le prix exigé par la PCH. Les virements provenant de l’Afrique du Sud vers l’Algérie pour compenser cette différence avoisinent ainsi 500.000 euros, consignés dans les relevés de l’entreprise, indique Maghreb Emergent. Le même cas s’est appliqué à deux médicaments, pour lesquels l’accusation de « vente à perte » n’a pas été retenue dans l’enquête préliminaire. Ce n’est toutefois pas le cas pour Imurel, malgré les justificatifs de Vapropharm, qui prouvent que la société ne vendait pas à perte.
Les avocats de Nabil Mellah estiment que la mise en détention provisoire du chef d’entreprise, également médecin et ancien numéro 1 de l’UNOP, est en relation avec son engagement politique et citoyen. Il est un des sponsors de Maghreb Emergent et de Radio M. Il a été membre du mouvement Mouwatana.