Par Sihem Bounabi
Le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Professeur Fawzi Derrar, préconise un renforcement des contrôles pour le respect des mesures barrières et l’élargissement du pass vaccinal, dans un contexte épidémiologique où «actuellement en Algérie 80% des contaminations sont dues au variant Delta, suivi d’Omicron qui, même s’il est plus contagieux, le premier danger reste toujours le Delta, qui est meurtrier».
Ainsi, il insiste sur l’obligation du respect des mesures barrières dont la distanciation physique et le port du masque dans les espaces publics, les commerces, dans la rue et même pour les enfants qui sont des réservoirs de propagations.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio algérienne, le Pr Derrar insiste sur le respect de ces mesures et l’accélération de la vaccination, en affirmant qu’ «il faut que les gens prennent vraiment conscience de l’importance du respect des mesures barrières et de la vaccination si on veut que les activités de l’Etat continuent et ne pas paralyser les secteurs névralgiques».
Le Directeur général de l’IPA insiste également sur la vigilance de l’Etat sur le respect de ces mesures en multipliant les contrôles avec vigueur, estimant qu’ «il ne faut pas qu’il y ait de passe-droit, car il suffit d’un seul et vous avez toute une épidémie d’un nouveau variant qui se déclenche comme c’est le cas du variant Omicron».
Le Directeur général de l’ IPA appelle également à la mise en place rapide du pass vaccinal, «car dès que l’on va finir avec le pic du variant Delta , il sera suivi par un pic du variant Omicron qui a une force de transmission phénoménale».
Insistant sur l’importance de la vaccination, en plus de l’obligation du pass vaccinal dans les espaces où il y a beaucoup de monde, le Directeur général de l’IPA estime que le pass vaccinal doit être élargi au maximum pour « freiner l’évolution d’abord du variant Delta et aussi d’avoir un moindre impact du variant Omicron par la suite»
Appel à la vaccination obligatoire pour le personnel de santé
M. Derrar prône également la vaccination obligatoire pour certains corps de métiers, dont le personnel de la santé où a été constaté une certaine réticence, estimant que «l’hôpital est le lieu qui prend en charge tous les cas de covid et si le personnel de santé n’est pas protégé contre les risques de contamination, il y a un risque de paralysie du secteur qui joue un rôle primordial dans la riposte. Et de ce fait, pour assurer la pérennité de l’activité sanitaire, il faudrait que le taux de vaccination soit très élevé».
Par ailleurs, le DG de l’IPA a démenti l’information de l’expiration de près de 200 000 doses de vaccin, en précisant «qu’en fait, il s’agit de moins de 1 000, soit autour de 800 doses à travers le système Covax qui avait une durée de vie de moins de trois mois», se désolant toutefois que chaque dose qui expire est un échec puisque cela fait un citoyen algérien qui n’a pas été vacciné.
80% des cas de contaminations sont dus au variant Delta
Concernant la situation épidémiologique actuelle, selon le Directeur général de IPA, «actuellement en Algérie, 80% des contaminations sont dus au variant Delta alors qu’Omicron ne représente que 10 % des cas».
Toutefois, concernant les premières études sur le variant Omicron, qui disent que même s’il est très contagieux, il n’est pas aussi dangereux que le Delta, Dr Fawzi Derrar réplique : «Certes il est moins dangereux que le Delta, mais en termes de valeur absolue et au vu de sa très grande contagiosité, il a le fort risque d’une grande augmentation des hospitalisations et une forte pression sur le système hospitalier.».
Il explique ainsi que la situation épidémiologique actuelle est très préoccupante car on n’a toujours pas atteint le pic de la vague du variant Delta, qui est très meurtrier, et qui sera suivie rapidement dans le temps par une nouvelle vague du variant Omicron qui est très contagieux.
Abordant la question des séquençages, le premier responsable de l’institut Pasteur affirme que «c’est le seul laboratoire capable d’effectuer le séquençage».
Il ajoute que cela nécessite un investissement en termes de ressources humaines et du temps, surtout pour la formation des gens dans le bioinformatique, une spécialité qui n’existe pas encore en Algérie. Le Dg de l’IPA souligne ainsi que ce qui est important pour le moment «c’est d’avoir un tissu de PCR pour qu’on puisse capter les cas. Cela ne peut se faire que grâce un maillage de PCR qui va nous permettre d’avoir une surveillance très étroite. Il faudra, donc, à l’heure actuelle que les laboratoires de PCR soient renforcés afin de toucher le maximum de gens».