La question des zones d’ombre et leur développement tendent à devenir, plus que jamais, une priorité des autorités. Preuve en est, cette nouvelle réunion Gouvernement-walis désormais au programme de l’Exécutif, selon l’annonce faite avant-hier par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Ce rendez-vous sera ainsi le troisième du genre, après ceux de février et août de l’année en cours. Pour Kamel Beldjoud, qui s’est exprimé devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), il s’agit de faire «le bilan sur les zones d’ombre».
Précisant que la programmation de la rencontre Gouvernement-walis consacrée au bilan sur les zones d’ombre sera fixée ultérieurement par le président de la République», le ministre de l’Intérieur a fait état d’une enveloppe de 50 milliards de dinars qui a été dégagée pour le développement de ces régions».
Si l’on sait que l’Algérie compte plus de 15 000 zones d’ombre où vivent près de 9 millions de personnes, selon le recensement lancé à l’issue de la première rencontre Gouvernement-walis au mois de février dernier, l’on sait moins ce qui a été fait des recommandations issues de la seconde rencontre. D’autant plus que celle du mois d’août a été couronnée par la proposition portant création d’un mécanisme placé sous l’autorité du wali pour le suivi de la mise en œuvre des projets et la mise en place d’une stratégie de développement de ces régions dans le cadre de la stratégie nationale de tous les secteurs.
Quatre mois plus tard et à l’heure où le règne de Tebboune et du gouvernement Djerad bouclent leur première année, les walis seront sans aucun doute appelés à présenter leur bilan, alors que les doléances des populations se font de plus en plus visibles et audibles en période hivernale où les zones enclavées souffrent d’un manque de commodités.
Et si le rendez-vous peut être abordé par rapport aux futures échéances électorales, il n’en demeure pas moins que le travail des walis sera passé au peigne fin par le gouvernement. Il faut se rappeler, dans ce sens, que M. Djerad a haussé le ton lors de la deuxième réunion en exigeant «un calendrier précis» pour la réalisation des projets inscrits. Le Premier ministre avait fait part, par la même occasion, de son souhait de passer à des évaluations mensuelles pour atteindre les objectifs dans les délais fixés, ce qui traduit une sorte de «contrat de performance» que les parties qui seront engagées doivent tenir au risque de garder ces zones dans leur situation actuelle où les commodités de vie les plus essentielles ne sont pas encore au rendez-vous. «Un calendrier sera arrêté avec le ministère de l’Intérieur et les autres départements ministériels pour une évaluation mensuelle de ce qui a été réalisé», avait déclaré M. Djerad, qui n’a pas manqué l’occasion de «bousculer» les walis en relevant que «ce qui a été réalisé depuis la dernière réunion Gouvernement-walis, tenue en février dernier, ne représente que 10% à 20% seulement au lieu des 50%, voire 60%, attendus».
Dans son oral, le chef de l’Exécutif avait mis les walis devant leurs responsabilités en leur signifiant que «le programme élaboré dans ce cadre doit porter ses fruits d’ici la fin de l’année en cours», regrettant également que les programmes de rattrapage dans les zones d’ombre accusent un «retard notable dans leur mise en œuvre».
Que leur signifiera-t-il dans la prochaine réunion maintenant que le délai «d’ici la fin de l’année» est consommé ?
Pour sa part, le président Tebboune a évoqué lors de sa dernière apparition, à partir de son lieu de convalescence en Allemagne, la question des zones d’ombre invitant les autorités locales à œuvrer à une meilleure prise en charge de leurs populations, citant notamment le transport et la restauration des écoliers. Cet intérêt qu’accordent les hautes autorités du pays aux zones qui souffrent d’un déficit de développement a été par ailleurs conforté par le classement mondial établi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport 2020 et dans lequel il est fait état d’un recul de l’Algérie à la 91e place alors qu’elle occupait la 82een 2019. Le même rapport, s’il indique que l’Algérie et le pays maghrébin le mieux noté, alerte cependant sur le creusement des inégalités sociales. <