Le 15 avril 2021, Charaf-Eddine Amara succédait à Kheireddine Zetchi à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF). Et l’homme a tenu moins d’une année au poste car il a déposé
sa démission jeudi dernier. La déroute de l’EN à la CAN-2021 et son échec à se qualifier en Coupe du Monde 2022 ont précipité sa chute. À l’occasion de sa dernière conférence de presse pour annoncer son départ, il a tenu des propos qui montrent qu’il ne cernait pas l’ampleur de la désillusion et le préjudice de son incompétence dans un domaine qui n’est clairement pas le sien.

Par Mohamed Touileb
Mardi dernier, l’équipe nationale a vu sa présence en Coupe du Monde 2022 ruinée par ce but tardif du Cameroun dans une enceinte de Mustapha Tchaker où les « Verts » n’avaient jamais perdu auparavant. Naturellement, la déconvenue devait avoir des conséquences. Des têtes devaient sauter. Et comme Djamel Belmadi à une sorte d’immunité et d’estime aux yeux de l’opinion et les supporters, c’est du côté de la FAF, spécialement son président, qu’on pouvait trouver le bouc-émissaire. Ainsi, Amara a décidé de renoncer au fauteuil de patron de ladite instance. Le coup de fil de la part des gens qui l’ont désigné pour sa mission n’a pas tardé. C’est l’inconvénient quand on est parachuté et non intronisé par la voix de véritables élections qui permettent la mise en place d’une véritable politique pour une balle ronde en proie à des crises récurrentes et loose latente.

Pas populiste, mais extrêmement fataliste
En tout cas, pour revenir à l’ultime oral d’Amara, on y relève des déclarations qui montrent à quel point il était en déphasage total avec le ressenti des Algériens mais aussi son manque de connaissances pour les rouages du poste qu’il occupait. Ainsi, le PDG de Madar Holding a dit assumer ses « responsabilités et c’est pour cela que je m’en vais car mes objectifs n’ont pas été atteints ». Par ailleurs, il a estimé que « la non-qualification de notre équipe nationale au Mondial est cruelle mais ce n’est pas un drame national. Il faut rester sereins et ne pas verser dans le populisme à tout va ». Plus loin, le désormais ex-boss de la bâtisse de Dely Brahim dit ne pas être de « ceux qui vendent du rêve, je dis la vérité. Les vérités sont crues et beaucoup de gens n’oseraient pas les dire, surtout en ce moment. Les gens sont en train d’attiser les choses. Je ne suis pas de ceux-là. Franchement, le fait est là, notre équipe nationale n’est pas en coupe du monde et il faut penser à l’avenir ». Un brin trop fataliste comme palabres. Les faits, tout le monde les connaît. Mais un président de structure majeure doit anticiper ce qui les précède.

Lobbying n’est pas arrangement
A cet effet, on peut évoquer sa faillite à « protéger » l’équipe nationale du sabotage et de l’éventualité d’être lésée. Cela ne consiste pas à acheter les arbitres ou à les soudoyer comme Amara le pensait. Il s’agit plus de ne pas permettre la désignation de referees susceptibles d’influer sur le cours de la rencontre et changer le destin des « Verts » qui ont tout fait pour être présents en Coupe du Monde. Pour ce qui est de l’aspect lobbying, le désormais ex-premier responsable du foot Dz a lâché une réflexion pour le moins révélatrice de son incapacité à cerner la requête de ceux qui lui reprochent son manque d’influence. « Si vous me demandez d’acheter un arbitre, je refuse de le faire. Si vous voulez me couper la tête pour ça, faites-le ! Je suis le président d’une commission d’arbitrage et représentant d’un pays honnête et respectable », justifie-t-il sans pertinence.
Pire encore, son appréciation de l’échec manque cruellement de justesse. Ce bide footballistique ne semble pas le déranger pour autant ni la manière dont les « Fennecs » ont été arbitrés. Ainsi, Amara pense que « chacun apprécie ce qu’il s’est passé, estime avoir été lésé par l’arbitrage, chacun à son avis sur le sujet. Moi, je ne suis pas de ceux-là. Le fait est là : notre équipe nationale n’est pas en Coupe du Monde et il faut penser à l’avenir, sans moi ». Un passage sans gloire. n