La dernière sortie de Gaïd Salah à partir de Ouargla semble donner du fil à retordre aux partis membres de l’alternative démocratique. Difficile de collecter les réactions des principaux chefs de file des partis.
Sur son compte Facebook, Mohcene Belabbès, après s’être exprimé dans un tweet interrogatif sur la dernière sortie de Gaïd Salah : « Le vice-ministre instruit le chef de l’Etat de convoquer le corps électoral. Qui peut nous renseigner sur ce genre de système politique ? », revient dans un post plus étoffé sur Facebook à propos de : « L’obstination du vice-ministre à assigner à l’institution militaire une mission qui ne fait nullement partie de ses prérogatives inquiète tous les patriotes soucieux du devenir national. Réduire la solution à la crise endémique que traverse notre pays depuis des décennies et qui s’est accentuée depuis 2008 suite au viol de la Constitution, avec la caution de l’institution militaire, et qui avait ouvert la voie à la présidence à vie, à l’organisation d’une élection présidentielle avec les mêmes mécanismes et acteurs est plus que suspect quant à la volonté de laisser le peuple algérien s’exprimer sur son devenir. » « Pour une fois que le peuple algérien a l’opportunité de recouvrer sa souveraineté et de décider du système politique qui répond à ses attentes, faisons-en sorte à ce qu’il ne soit pas encore trahi.
Donnons du sens à notre avenir en mettant en œuvre un processus constitutionnel pour prémunir les générations futures des échecs et turpitudes du passé. » En droite ligne dans la philosophie du pacte de l’alternative démocratique.
Ramdane Taâzibt, laconique sur Facebook : « Vers un 4 juillet bis ? » se refuse encore à tout commentaire. Pour l’instant. Il semble que la direction du PT ne se soit pas encore prononcée sur la question.
Bon nombre d’autres dirigeants étaient injoignables hier ou n’avaient pas encore pris connaissance du discours dans son intégralité sauf Zoubida Assoul, présidente de l’UCP (Union pour le changement et le progrès) qui estime : « ne pas être étonnée par la teneur du discours de Gaïd Salah qui, s’il use de rhétorique dans son discours, en feignant la suggestion et la proposition, n’en révèle pas moins la réalité du pouvoir en Algérie. Depuis six mois, il a fait croire au peuple qu’il est pour le dialogue, qu’il était aux côtés du Hirak alors qu’en vérité, c’est la feuille de route de Bouteflika, sans Abdelaziz qui est appliquée.» Zoubida Assoul estime qu’en vérité, Gaïd Salah et le pouvoir en place sont entrain de disposer comme bon leur semble,
de l’année demandée par Bouteflika. « Ils vont remplacer un président déchu par un autre supposé élu.
Comment peut-on aller vers des élections présidentielles que le peuple rejette ? »
Sur un autre registre, elle estime que Gaïd Salah a désavoué non seulement le Chef de l’Etat actuel qui tentait d’initier des mesures d’apaisement pour un dialogue via l’instance du panel, mais même celle-ci : « d’instance de facilitation du dialogue au départ, la voici devenu une structure de préparation des élections présidentielles ». Un panel et un Karim Younès qui dès le début ont joué un jeu trouble. « N’a-t-il pas dit qu’il démissionnerait si ses conditions n’étaient pas satisfaites ? Pourtant, il est resté. N’a-t-il pas dit qu’il ne dialoguerait pas avec les partis de l’alliance présidentielle ? Pourtant, cela ne l’a pas empêché de rencontrer Djemaï du FLN… »
Au vu des derniers développements et de la tournure que prennent les événements, des jours et des épreuves difficiles attendent les Forces de l’alternative démocratique. Il est évident qu’avec la teneur de ce dernier discours du chef de l’état-major à l’égard des alternatives autre que la présidentielle, la rencontre prévue pour le 9 septembre prochain, risque très probablement de n’être pas autorisée dans un espace public et risque de se tenir en vase-clos partisan, avec tout ce que cela suppose comme entraves et contingences.
En attendant une déclaration solennelle des Forces de l’alternative démocratique qui ne saurait tarder, l’épreuve de vérité est attendu aujourd’hui avec la marche des étudiants et vendredi prochain avec le Hirak populaire qui risque fortement de rééditer le scénario du 4 juillet…