L’information selon laquelle la famille du moudjahid Lakhdar Bouregaâ aurait décidé de changer le collectif de défense du détenu d’El Harrach a été vite démentie. Par la voix de l’un de ses avocats, l’ancien commandant de la Wilaya IV historique a affirmé qu’il accorde toujours sa confiance au collectif d’avocats qui s’est porté volontairement pour le défendre. Vingt-quatre heures auparavant, un membre de sa famille a partagé, via les réseaux sociaux, un communiqué annonçant que «désormais la défense de Bouregaâ ne peut être assurée que par quatre avocats », qui ne figuraient pas parmi ceux ayant plaidé sa cause lors des séances précédentes. Dans ce communiqué, la famille Bouregaâ a remercié ceux qui se sont solidarisés avec l’ancien commandant et a appelé à « ne pas exploiter son affaire à des fins politiques ».
Mais c’est à partir de sa cellule que M. Bouregaâ a exprimé à l’un des membres du collectif de défense «sa gêne, sa stupéfaction et sa frustration suite au communiqué rédigé et publié à son insu».
Selon des sources informées, l’un des neveux de M. Bouregaâ aurait mal interprété l’action de protestation, organisée le 10 juillet dernier par des avocats et militants des droits de l’Homme, en soutien au moudjahid Lakhdar Bouregaâ et 12 autres porteurs de drapeau berbère, qui passaient le jour même devant la chambre d’accusation près la Cour d’Alger pour statuer sur la demande introduite de liberté provisoire.
Les avocats ont, à l’occasion, boycotté la séance de plaidoirie parce qu’ils considéraient que l’affaire de l’ancien maquisard, comme celle des porteurs de drapeau berbère, est « politique qui implique une action politique. « Le neveu de Bouregaâ a interprété l’action comme une instrumentalisation politique du dossier et a demandé, depuis ce jour, à ce qu’on nous ôte le dossier et de nous dessaisir », témoigne l’un des avocats sous couvert de l’anonymat. «En ma qualité d’avocat de Lakhdar Bouregaâ, je déclare avoir été constitué par lui seul. Le mandat me liant à mon client ne peut être annulé que par lui-même », a précisé, pour sa part, Saïd Halit, membre du collectif de défense.