L’inefficacité des licences d’importation continue à faire parler d’elle, en ce début d’année 2018, à travers la parole incontestable de la statistique.

Dans cette logique, les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) indiquent que les capacités de production du secteur industriel public ont été utilisées à plus de 75% durant le troisième trimestre de la défunte année qui a vu ce mécanisme, entré en vigueur en 2016, monter en force pour s’étendre à de nouveaux produits.
Certes, ce taux peut être apprécié positivement, partant du principe qu’il équivaut à une hausse en la matière par rapport aux deux premiers trimestres de l’année qui vient de rendre l’âme, toutefois, avec 75% d’utilisation, c’est le quart de la capacité totale de la machine industrielle du secteur public qui n’a pas été exploité durant neuf mois d’un exercice où la production nationale, secteurs public et privé associés, devait tourner à plein régime, en harmonie avec une démarche qui visait sa diversification et son renforcement. Car, c’est bien dans cet objectif, entre autres, que les licences ont été imposées aux opérateurs économiques évoluant dans différents secteurs.
Or, si le secteur industriel n’a pu atteindre la vitesse escomptée, c’est aussi par la faute d’un mécanisme qui a coupé les vivres en matières premières et intrants à plusieurs branches d’activité, les obligeant à ronger leur frein et attendre des jours meilleurs qui ne sont pas venus.
Les pouvoirs publics ont fini par prendre en considération aussi bien l’inefficacité de la procédure que son impact négatif sur l’outil de production intra-muros. Les licences d’importation ont donc été chassées et remplacées par l’interdiction d’importer de nombreuses familles de marchandises déclinées en centaines de produits. Une mesure que le gouvernement justifie, elle aussi, par le souci de réduire davantage la facture des importations, et aussi d’offrir encore plus d’opportunités de diversification et de renforcement de la production locale. Les opérateurs sont donc débarrassés de tous ces produits étalés sur les espaces commerciaux en signe de concurrence qu’il a fallu affronter des années durant à armes inégales. Ils seront seuls à manœuvrer sur de nombreuses activités, mais aussi face à des mœurs de consommation qui se sont épanouies dans la qualité et la diversification de l’offre, sous escorte du « made in ». Autrement dit, le défi reste à relever.