Paralysé des deux jambes depuis 2000, Ibrahim Bekkouche a relevé un défi incroyable. Celui de participer une deuxième fois au rallye Challenge Sahari. Et il faut dire que c’est la première fois en Algérie qu’un pilote handicapé tente sa chance dans ce genre de course.

Depuis son enfance Ibrahim Bekkouche est passionné de sport automobile et il ne pense qu’à une chose, prendre le départ d’un rallye. Mais tout bascule à l’âge 19 ans où, suite à un accident, Ibrahim est paralysé des deux jambes. S’installent alors doute, appréhension et crainte. Malgré cette dure épreuve de la vie, il parvient à réaliser son rêve 16 ans plus tard en prenant le départ de son premier rallye. En effet, sa première participation était sur les routes caillouteuses et sablées du sud-est du pays lors la deuxième édition. Mais cet exploit n’a pas suffi à étancher sa soif de vivre. Il se lancera encore une fois dans ce rallye. Rencontré au niveau du bivouac qui a été installé à Taghit, Bekkouche est revenu sur l’idée de sa participation. Originaire d’Oran et vivant à Saint-Denis en France, ce sportif hors normes de 36 ans expliquera que l’idée lui est venue en regardant l’annonce de ce rallye à la télévision algérienne. « Alors, j’ai décidé de participer en postulant à la Fédération algérienne des sports mécaniques », a-t-il ajouté, avec ce double objectif, d’étancher sa soif de sports mécaniques et surtout de démontrer qu’il est possible, malgré le handicap et les difficultés, de participer et d’être performant sur des rallyes ouverts aux personnes valides. Son véhicule de compétition est un buggy de marque « Canam Mavrick ». Un engin totalement modifié et adapté pour lui. Il ne peut le conduire qu’avec ses bras. Mais malgré sa dextérité, les ennuis mécaniques étaient au rendez-vous pour cette première semaine de course. En effet, il n’a pas pu finir deux étapes sur les six prévues suite à des ennuis mécaniques. Mais grâce à un mental d’acier et au travail d’une équipe soudée, le champion a toujours pu, sur les routes comme dans la vie, reprendre la course. Par ailleurs, il n’a pas caché sa frustration. Il se plaindra « de l’organisation et surtout de l’accessibilité aux infrastructures qui est largement inadaptée. Pour lui, « les conséquences sont terribles ». Il dira que « même à l’hôtel où il est hébergé aucune mesure n’a été prise ». Ibrahim Bekkouche veut démontrer à travers sa participation que malgré le handicap et les difficultés que cela incombe, il faut toujours croire en ses rêves et se battre un peu plus que les autres pour les réaliser.
F. D