Les députés devront renouer avec l’activité parlementaire après une longue léthargie. Et c’est à l’occasion de la présentation du plan d’action du gouvernement, fixée pour ce mardi à l’Assemblée populaire nationale (APN), que les députés devront quitter leurs wilayas respectives pour rejoindre l’Hémicycle Zighout-Youcef. Les travaux en séance plénière, consacrés au débat général, seront marqués par une présentation du Premier ministre Abdelaziz Djerrab qui fera suite après aux interventions des députés. Le débat général, qui durera jusqu’au 11 février, laissera place, le jeudi 13 février à l’intervention du Premier ministre qui répondra aux questions des députés avant de soumettre le plan d’action au vote. Le débat sur le plan d’action du gouvernement intervient dans un contexte des plus particuliers, l’annonce par le président de la République d’élections législatives anticipées et donc de la dissolution de l’APN avant la fin de son mandat, ainsi que l’annonce de levée de l’immunité parlementaire à l’encontre de certains députés. Le dernier en date n’est autre que celui de l’ancien ministre et député du Front de libération nationale, pas plus tard que mercredi dernier. Ciblé par une procédure de levée de l’immunité parlementaire émanant du ministère de la Justice, l’ancien ministre s’est battu pour maintenir son immunité en refusant de s’en départir volontairement. Et c’est devant ses pairs qu’il aura à argumenter l’impératif du maintien de son immunité parlementaire pour échapper aux mailles de la justice et partant à la prison. Les députés au fait de cette procédure et des démêlées de leurs pairs avec la justice, dont certains sont actuellement en prison, n’ont pas le cœur à débattre du plan d’action du gouvernement. « C’est le dernier de nos soucis », confie à Reporters un député FLN, selon lequel « le moral des parlementaires dans les deux chambres est au plus bas, il est difficile de leur demander de penser à autre chose qu’aux poursuites judiciaires qui les guettent ». Mais ceux qui n’ont rien à se reprocher s’alarment également du fait de la perspective d’une dissolution de l’APN. « On nous invite à débattre et à adopter un plan d’action du gouvernement en nous annonçant que notre départ est imminent », note un député de TAJ, non sans rappeler qu’« on avait l’habitude de débattre des plan d’action du gouvernement en exprimant notre soutien indéfectible au gouvernement, mais cette fois, l’ambiance est cassée. » « Le moral est au plus bas», lance un député FLN, selon lequel, l’ensemble des députés sont dans le même état d’esprit. Par ailleurs, l’Assemblée nationale qui débattra du plan d’action du gouvernement sera marquée par l’absence de plusieurs groupes parlementaires qui se sont retirés de l’institution, à l’instar du Parti des travailleurs, du Rassemblement pour la culture et la démocratie, ainsi que le Front des forces socialistes. Les députés du Mouvement de la société pour la paix qui se sont également retirés de l’APN, seront-ils présents lors du débat au regard de la rencontre Tebboune-Makri ? On le saura mardi prochain.