Beaucoup d’écrits persistent à soutenir que le CRUA a lancé l’insurrection du 1er Novembre 1954, et même si une forme de continuité entre les hommes du CRUA et du FLN est indiscutable, cela ne suffit pas au maintien de la confusion.

Le CRUA apparaît dans le contexte de crise aiguë du MTLD et, au moment où le processus de scission entre messalistes et centralistes semble bien irréversible. L’objectif déclaré et affiché d’ailleurs dans l’enseigne-même du mouvement est de rétablir l’unité des rangs et d’envisager l’action commune. Ces objectifs apparaissent, à tout le moins, partagés par les dirigeants centralistes qui y délèguent deux fortes personnalités, Dekhli et Bouchebouba, et participent au financement de l’éphémère organe du CRUA, «Le Patriote». Cette proximité, eut-elle eu un temps, conforte la thèse d’un Boudiaf requis par Hocine Lahouel pour relancer l’Organisation spéciale défendue par d’anciens compagnons de lutte. «Boudiaf est un sous-marin centraliste», dira même Abderrahmane Gherras, ancien chef de l’OS de l’arrondissement de Constantine. La rencontre du 23 juin 1954, au domicile de Smaïn Derriche, scelle définitivement le sort du CRUA. L’unité inaccessible reste l’action. Le choix de l’insurrection est le socle porteur de ce qui allait être le Front de Libération Nationale (FLN).A. M.