Le Croissant-Rouge algérien (CRA) et le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC) ont mis à profit la Journée internationale du bénévolat, hier, pour signer une convention de partenariat, paraphée par la directrice du CRA, Saïda Benhabylès, et la chef de la délégation algérienne du CIC-R, Catherine Gendre.

A travers ce partenariat, le CRA bénéficiera d’aides matérielles, financières et de formations destinées à ses cadres et bénévoles. Ce qui n’a pas manqué de satisfaire Mme Benhabylès qui a indiqué que le Croissant-Rouge algérien devra passer à une étape supérieure avec l’amélioration de la qualité de ses interventions dans des situations de détresse humanitaire, de guerres et de catastrophes naturelles. « Le CRA n’est pas seulement une association caritative, nous sommes une association gouvernementale qui s’occupe plus du volet humanitaire et qui intervient dans des situations d’urgence pour sauver les vies humaines et même, dans des situations extrêmes, de mettre en contact les personnes en détresse avec leurs familles », souligne-t-elle, non sans insister sur l’amélioration de la qualité des interventions du CRA sur le terrain.
« Nous sommes et nous voulons être partout à travers le pays, notamment dans les régions frontalières qui accueillent des réfugiés, notamment des Sahraouis, ou encore les migrants, réfugiés à Tamanrasset », affirme-t-elle. Et d’ajouter : « Pour ce faire, nous avons besoin de l’aide, du savoir-faire et de l’expérience du CICR pour parfaire nos compétences », ajoute la présidente du CRA, fondé en 1956, qui entretient avec le CICR des relations historiques, y compris lorsque le CRA portait la cause d’indépendance algérienne dans le concert des nations. Pour sa part, Catherine Gendre a dévoilé le contenu du protocole signé. Il comprend quatre volets : des aides matérielles pour le secourisme en situation de guerre pour la prise en charge de blessés, la promotion du droit international humanitaire, à travers la formation des formateurs bénévoles du Croissant-Rouge, la formation des bénévoles du CRA pour le rétablissement des liens entre les familles et les victimes ou disparus dans des situations de conflit ou de migration, la formation dans le domaine des nouvelles techniques de communication afin de mieux maîtriser la diffusion de l’information via les sites Internet et les réseaux sociaux.

30 familles de harraga ont sollicité le CRA
Questionnée sur le montant financier des aides en question, la responsable du CICR a affirmé que « le budget est important », mais sans donner de chiffres. « Le budget pour soutenir le plan d’action en 2018 envers le Croissant-Rouge est important, il est actuellement en phase de validation », précise-t-elle. Par ailleurs, Mme Gendre a admis que « le travail d’une association humanitaire est compliqué ». Et d’expliquer : « On ne fait pas de la politique, le CICR doit être neutre dans les guerres.» En dépit de cette position, « les membres du CICR ont été victimes sur les terrains d’intervention dans certains conflits », a-t-elle regretté, citant les zones de guerre en Asie et en Afrique. Par ailleurs, abordée lors de la signature du partenariat auquel elle a pris part, Nafissa Toumi, cadre du CRA, qui a déjà bénéficié d’une formation « Rétablissement des liens familiaux », et à la question de savoir si un travail avait été accompli envers les familles algériennes dont les proches ont tenté de migrer clandestinement vers l’Europe et ont disparu en mer, a affirmé qu’il existe actuellement « 30 cas de familles qui ont sollicité le CRA pour retrouver leurs enfants ». « Nous avons recueilli des informations les concernant, on a informé nos partenaires en Espagne, en Italie et le CICR ; les recherches sont menées pour les retrouver», dira-t-elle, précisant que « les familles en question sont, pour la plupart, issue de la région de l’Oranie».