Le critique de théâtre algérien Noual Brahim a plaidé, samedi à Oran, pour la relance du pantomime, où l’artiste s’exprime par des gestes, des mimiques. Un art qui s’est éclipsé d’Algérie depuis la fin des années 1980. Cet enseignant en théâtre et critique théâtral à l’Institut supérieur des métiers d’arts du spectacle et de l’audiovisuel (ISMAS) de Bordj El Kiffan (Alger) a cité, dans ce sens, les œuvres artistiques interprétées par le comédien Didine utilisant son sifflet. Il a justifié la disparition de cet art basé sur des mouvements corporels par le manque de formation en art et expression corporelle et le penchant de l’artiste algérien plus pour l’expression orale. L’introduction de la mime dans le ballet après les années 1990, prenant une grande place dans la chorégraphie algérienne, est une autre raison de l’éclipse de cet art, a-t-il ajouté, trouvant que la danse moderne interprétée par des chorégraphes algériens dont Nacéra Blaza, El Hadi Cherifa, Nouara et Noureddine Kaddour, intègre la mime. Pour relancer le pantomime en Algérie, le professeur Noual a proposé d’intégrer cet art à l’ISMAS, d’ouvrir un mastère de formation dans ce genre, de l’inclure dans les spectacles de danse attirant un large public et de bénéficier des expériences arabes en mime et des écoles polonaise et française leaders dans ce domaine. A noter que l’Instance arabe du théâtre parraine le réseau des arts du mime et expression corporelle sur internet avec la supervision de spécialistes du Liban, de Palestine et d’Egypte. Ce réseau a attiré, depuis sa création en 2016, plus de 1 240 visiteurs dont des jeunes intéressés par l’art du mime.