Comme lors de la reprise des cours dans le secteur de l’Education nationale, le Premier ministre Abdelaziz Djerad s’est chargé de donner, également, le coup d’envoi officiel de la rentrée universitaire 2020-2021, hier à partir de la wilaya de M’sila. Une manière pour lui de réitérer la détermination des autorités politiques à poursuivre la reprise des activités en dépit de la persistance de la pandémie de la Covid-19. A l’évidence, si l’Université doit désormais s’adapter au nouveau contexte sanitaire, elle n’en est pas moins appelée à faire face aux errements qu’elle n’a pas cessé de cumuler pendant au moins ces deux dernières décennies.

Reportée plusieurs fois à cause justement du contexte sanitaire, cette rentrée intervient sous contrôle sanitaire à l’application duquel tient la tutelle, qui a été contrainte aussi à un réaménagement du volume des cours significativement réduit, mais également à opter pour un mode d’enseignement hybride alliant le présentiel pour les modules essentiels et les cours à distance pour les modules dits secondaires.
Et si les reports de cette rentrée, qui intervient, une fois n’est pas coutume, à la mi-décembre, ont permis aux responsables d’établissement de mieux se préparer pour une reprise sans couacs majeurs aussi bien dans ce qui relève de la pédagogique que dans les prestations des œuvres universitaires, le Premier ministre a eu à attendre des doléances émanant de plusieurs catégories de l’enseignement supérieur notamment de la part des titulaires de doctorat et de magister qui ont exprimé au chef de l’Exécutif leur demande de recrutement.
Djerad a invité les plaignants à «s’organiser et à formuler des revendications logiques et objectives pour un traitement adéquat», prenant à témoin le ministre de l’Enseignement supérieur qui l’accompagnait dans cette visite dans la capitale d’El Hodna.
Mais contexte sanitaire oblige, c’est la question de garantir le bon déroulement des programmes pédagogiques sous contrôle sanitaire qui a pris la part du lion dans les escales de M. Djerad dans les différents sites de l’université Mohamed-Boudiaf où il s’est arrêté et a écouté les présentations des responsables.
Le Premier ministre a, cependant, préféré développer une approche globale pour une meilleure gestion de l’université en s’engageant devant les étudiants à «résoudre tous les problèmes socio-pédagogiques des étudiants, notamment ceux liés à la situation sanitaire exceptionnelle causée par la Covid-19».
Estimant que la résolution de ces problèmes «se fera en coordination avec l’ensemble des acteurs de l’université sous l’égide du ministère de tutelle», M. Djerad a affirmé que toutes les mesures ont été prises pour améliorer les conditions des étudiants notamment en ce qui concerne la prévention contre le nouveau coronavirus.
M. Djerad a appelé, par la même occasion, à l’impératif de procéder à la formulation «d’une vision intégrée et complémentaire» pour la réforme du système des œuvres, plaidant pour «une approche globale dans sa conception, participative dans sa démarche et progressive dans les mécanismes de son exécution et ce par un diagnostic précis et objectif à l’effet d’améliorer la qualité des services au profit de l’étudiant, en termes d’hébergement, de restauration, d’activités culturelles et sportives et de couverture sanitaire universitaires.
Il a également appelé à «rationaliser les moyens financiers, humains et structurels, en tenant compte du nombre croissant d’étudiants» et à «assurer l’efficacité de la gouvernance pour aller progressivement vers l’autonomie des établissements universitaires et renforcer leurs capacités dans le domaine de l’innovation».

Pari sur la recherche scientifique et les start-ups
Dans son allocution devant la communauté universitaire, le chef de l’Exécutif a mis en évidence le rôle que devait jouer le secteur en matière de recherche scientifique au profit de l’économie nationale.
«J’appelle tous les chercheurs, dont ceux résidant à l’étranger, à l’impératif de prendre en charge les besoins actuels de la société en vue de réaliser un véritable décollage qui exploite efficacement les recherches scientifiques», a-t-il dit. Pour M. Djerad, l’Université algérienne «fait face aujourd’hui à plusieurs défis nécessitant l’implication de tous les acteurs en vue de la cristallisation d’une vision de réforme intégrée capable d’insuffler une nouvelle dynamique en matière de formation d’une main-d’œuvre performante mais aussi pour permettre à la future université de s’adapter aux mutations en cours et d’être, ainsi, prête à satisfaire les besoins des nouveaux métiers et compétences dans un monde en mutation permanente».
Il a mis, dans ce registre lors de son escale au niveau de l’incubateur d’entreprises relevant de l’Université Mohamed-Boudiaf, l’importance des start-ups dans le développement de l’économie nationale. «J’ai constaté au sein de l’incubateur d’entreprises, l’immense importance des travaux proposés par les étudiants porteurs de projet, qui traduisent l’engagement de l’Université à les développer», a souligné Djerad.
L’incubateur d’entreprises de l’université de M’sila compte plus de 200 projets et enregistre plus d’une cinquantaine de brevets, selon les explications fournies à M. Djerad, qui a assuré que l’Etat «continuera à accompagner les start-ups afin de développer l’économie nationale».
A noter qu’en plus du ministre de l’Enseignement supérieur, le Premier ministre était accompagné, au cours de sa visite de travail dans la wilaya de M’sila, des ministres de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Kamel Nasri et du Conseiller du Président de la République, chargé des Relation extérieures, Abdelhafid Allahoum. <