A quelques jours du lancement, mardi 7 octobre, de la campagne sur le projet de révision constitutionnelle, les différentes formations politiques ont affiché leurs positions respectives entre celles qui adhèrent à cette révision de la loi fondamentale soumise à référendum le 1er novembre prochain et celles préférant boycotter l’échéance.

La distinction revient, cependant, aux partis politiques du courant islamiste, notamment le MSP et le FJD, qui ont décidé de voter «non», motivant leur choix par des considérations idéologiques. Le parti d’Abdallah Djaballah, très faiblement représenté dans les assemblées élues, a ainsi emboîté le pas, depuis vendredi, à Abderezak Makri, en critiquant la future Constitution en ce qu’elle constituerait une victoire du courant laïc au détriment, disent-ils, de «la personnalité algérienne». Appelant ses partisans à voter «non» au projet soumis à référendum populaire, le parti de Djaballah a défendu l’idée que «le nouveau texte ne répondait pas aux aspirations de peuple algérien exprimées par le mouvement populaire». Pour le FJD, le projet de révision constitutionnelle épouse «les idées et les valeurs du courant laïc», appelant les partis politiques, les organisations et les personnalités à «se dresser contre ce projet» qui constitue, selon lui, «une menace sur l’identité de la société algérienne et son union».
Dans le communiqué sanctionnant les travaux de son conseil consultatif, qui a entériné la décision de voter non le 1er novembre prochain, le FJD n’a pas manqué de rappeler les critiques qu’il avait déjà formulées sur la composante du comité Laraba et son penchant pour le «projet moderniste». Le FJD avait reproché, rappelons-le, au premier magistrat du pays d’avoir confié la mission de rédiger une loi fondamentale à des «techniciens appartenant à un seul courant idéologique», estimant que la démarche «empêcherait une Constitution consensuelle».
Le parti d’Abdallah Djaballah avait appelé alors auprès des autorités politiques à «corriger cette orientation», exprimant, par la même occasion, son rejet pour «des dispositions constitutionnelles qui ne tiendraient pas compte de la composante de la société et de ses constantes», alertant sur le «danger» de cette option et son «impact négatif» sur le texte lui-même. Par ailleurs, le FJD n’a pas apprécié que la mouture soit rédigée dans les deux langues, l’arabe et le français, dénonçant ce qu’il qualifie de «faveur» dont bénéficierait la langue de l’ancien colonisateur au détriment de la langue nationale et officielle. Le mouvement Ennahda a lui aussi opté pour le «non», mais en reprochant davantage au contenu du texte «la consécration du régime présidentiel», tout en estimant «non représentatif» le comité d’experts qui a rédigé le texte.
Par contre, d’autres partis de la mouvance islamiste ont préféré approuver la mouture de la révision constitutionnelle, à l’image d’El Islah, présidé par Filali Ghouini, qui a considéré, ce week-end à partir d’Oran, que la nouvelle Constitution «répond aux attentes des Algériens en matière de consécration de l’Etat de droit, de justice, des libertés et des institutions».
M. Ghouini a ajouté, par la même occasion, que le projet «garantit la satisfaction des revendications légitimes des Algériens exprimés lors du Hirak populaire pacifique dont celle de la séparation des pouvoirs assurant un équilibre dans les prérogatives et consacrant des mécanismes de contrôle constitutionnel et juridique inédits des finances publiques et leurs gestionnaires, à l’instar du tribunal constitutionnel et la Cour des comptes dans sa nouvelle formule…».