Jour après jour, voire heure après heure, le coronavirus confirme sa principale force, à savoir la contamination rapide. Celle-ci ne cesse de gagner du terrain pour toucher de plus en plus de pays à travers le monde. Depuis mardi, le Covid-19 a fait son apparition dans plusieurs pays à savoir l’Algérie, l’Autriche, la Suisse, l’Italie, la Croatie et la Grèce. La maladie avance et fait monter les inquiétudes sur l’ensemble de la planète où 2 800 cas de contamination sur les 80 000 enregistrés se trouvent hors de Chine, indiquaient hier les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En d’autres termes, le coronavirus n’est plus une affaire chinoise, mais bien une épidémie que certains spécialistes de la santé n’hésitent plus à désigner de pandémie au rythme très rapide avec lequel elle se propage et gagne de nouveaux territoires. Plus, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde est désormais supérieur à celui enregistré en Chine, a souligné l’OMS. Ajoutant que, depuis le début de l’épidémie, une quarantaine de personnes sont mortes du virus hors de Chine continentale où l’épidémie est, plutôt, en train de reculer. Dans cette logique, le nombre de contaminations enregistrées mardi dans le monde dépassait celui du pays d’où est parti le virus, soit 427 cas contre 411, a relevé l’OMS. Entre nombre de contaminés et de morts en hausse, événements culturels ou sportifs annulés, économie en berne et dégringolade des marchés financiers, l’épidémie et ses dommages collatéraux inquiètent l’OMS. Le monde n’est « tout simplement pas prêt » à y faire face, a averti mardi Bruce Aylward, l’expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine.

Peur en Europe
La Corée du Sud dénombrait hier 12 morts parmi 1 261 personnes touchées dans ce pays, après l’annonce de près de 284 nouveaux cas dont un soldat américain. Mais c’est l’Iran qui compte le plus grand nombre de décès après la Chine.

Hier, Téhéran a annoncé 4 nouveaux décès et 44 nouveaux cas, portant son bilan à 19 morts et 139 cas. Le vice-ministre de la Santé en personne, Iraj Harirchi, a été contaminé. En Europe, le coronavirus avance à pas de géant et se propage sans plus compter les pays, suscitant de fortes inquiétudes et mettant le continent sous pression. L’Italie, le pays européen le plus touché avec plus de 370 cas et 12 morts, apparaît donc comme une plateforme de diffusion du virus, conduisant plusieurs capitales à déconseiller de s’y rendre et à encadrer le retour des personnes y ayant séjourné, bien que ses voisins se soient engagés à garder leurs frontières ouvertes. En France, trois nouveaux cas ont été détectés dont l’une des victimes, un Français de 60 ans, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi dans un hôpital parisien. Le bilan dans ce pays est monté à 17 contaminations et 2 décès. Ce qui a poussé la France à « inviter » ses ressortissants à éviter les régions d’Italie à risques. En Autriche, deux premiers cas ont été détectés mardi dans un hôtel d’Innsbruck, au cœur des Alpes. En Croatie, c’est un jeune homme ayant séjourné à Milan qui est devenu le premier cas du pays, et des Balkans. Son frère est devenu hier le 2e cas confirmé. En Suisse, le premier cas concerne aussi un homme revenu de la région de Milan, tandis qu’en Grèce, une femme de 38 ans ayant voyagé en Italie du Nord a été contaminée. La Russie a aussi déconseillé à ses citoyens de se rendre en Italie, mais aussi en Iran et en Corée du Sud. En Irlande, les autorités sanitaires ont recommandé l’annulation du match de rugby devant opposer l’Irlande à l’Italie le 7 mars à Dublin dans le Tournoi des Six nations. Les autorités européennes appellent toutefois à ne pas céder à la panique. La diffusion du coronavirus en Italie et en Europe est « un motif d’inquiétude » mais « nous ne devons pas tomber dans la panique», a déclaré hier à Rome la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. Elle a cependant appelé les pays européens a « se préparer à une augmentation des cas et à bien se coordonner». L’OMS a souligné, hier, que la grippe saisonnière fait 60 000 morts par an en Europe, appelant les citoyens du continent à ne pas s’opposer à son vaccin.
« N’oublions pas que nous avons environ 60 000 morts de la grippe saisonnière chaque année en Europe, alors qu’il existe un vaccin », a déclaré le directeur de l’organisation pour l’Europe, Hans Kluge, lors d’une conférence de presse à Rome. « Donc je voudrais inciter les gens à se faire vacciner », a-t-il ajouté, critiquant « le mouvement vaccino-sceptique » qui s’est développé en Europe.<