La propagation de coronavirus se poursuit à travers le monde, où l’on recense désormais 87 pays et territoires contaminés. Devant ce «mal planétaire» qui a fauché des milliers de vies et infecte des centaines de milliers d’autres, assénant un véritable coup de massue à l’économie mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cache plus son «inquiétude» vis-à-vis de de «certains pays» qui ne font pas «assez» pour combattre l’épidémie.
Le bilan de l’épidémie de coronavirus dans le monde s’est chiffré, hier, à 98.124 cas confirmés, dont 3.386 décès dans 87 pays et territoires. Au total, 614 nouvelles contaminations et 40 nouveaux décès ont été recensés depuis le décompte réalisé jeudi. La Chine (sans les territoires de Hong Kong et Macao), où l’épidémie s’est déclarée fin décembre, comptait 80.552 cas, dont 3.042 décès. Entre jeudi soir et vendredi matin, 143 nouvelles contaminations et 30 nouveaux décès y ont été annoncés.
Ailleurs dans le monde, 17.573 cas (708 nouveaux) étaient recensés hier, dont 344 décès (10 nouveaux). Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud avec 6.284 cas dont 196 nouveaux et 42 décès, l’Italie avec 3.858 cas et 148 décès, l’Iran avec 4747 cas et 124 décès, et la France avec 577 cas et 8 décès. Depuis jeudi soir, la Chine, la Corée du Sud, la France et l’Espagne ont recensé de nouveaux décès. Les autorités palestiniennes et le Bhoutan ont, eux, annoncé le diagnostic de premiers cas sur leur sol. La Grande-Bretagne a annoncé 163 cas confirmés et deux décès. En Suisse, il est fait état de 210 cas diagnostiqués et d’un premier décès. Les Pays-Bas ont également enregistré leur premier cas de décès et le nombre de contaminés est passé de 82 à 128.
L’Asie recensait, hier matin, un total de 88.344 cas (3.101 décès), l’Europe 5.701 cas (161 décès), le Moyen-Orient 3.757 cas (110 décès), les Etats-Unis et le Canada 194 cas (12 décès), l’Océanie 64 cas (2 décès), l’Amérique latine et les Caraïbes 34 cas. L’Afrique est, le continent le moins touché par l’épidémie avec 29 cas recensés.
Face à l’ascension de l’épidémie à l’échelle mondiale, l’OMS a fait montre de son «inquiétude» face à certains pays qui font preuve d’une certaine nonchalance. Elle a averti, en effet, qu’«une longue liste de pays» ne font pas assez pour combattre le coronavirus. «Ce n’est pas un exercice, ce n’est pas le moment d’abandonner, ce n’est pas le moment de trouver des excuses, c’est le moment d’y aller à fond», a plaidé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans nommer les pays visés.
Les Bourses mondiales mises à mal
La crise faisait à nouveau baisser les places financières asiatiques hier, au lendemain d’une dégringolade des Bourses européennes puis de Wall Street. Les marchés continuaient, ainsi, à défaillir dans un contexte de nervosité extrême, alors que le monde est engagé dans une course contre la montre pour endiguer les effets délétères de l’épidémie de coronavirus sur l’économie.
Vers 10h50 GMT, les Bourses européennes déprimaient toutes de Paris, qui a franchi brièvement la barre des 4% de baisse, à Londres (-3,23%), en passant par Francfort (-3,60%), Madrid (-3,57%) et Milan (-3,54%).
La crise sanitaire inédite a également fait plier les places financières asiatiques vendredi : Tokyo a fini en forte baisse (-2,72%), tout comme Hong Kong (-2,32%) et Shanghai (-1,21%). Les grands indices américains ont pour leur part dévissé de plus de 3%
jeudi.
«Entrés dans une phase aigüe de stress, les marchés n’en finissaient pas de se chercher : leur tentative de rebond en début de semaine, fragile en dépit de l’ampleur de la baisse hebdomadaire précédente, a été rapidement balayée par un retour à une certaine panique», selon un analyste cité par l’AFP.
En raison du virus qui touche chaque jour de nouveaux pays, de nombreuses manifestations économiques à travers le monde, ont été reportées à des dates ultérieures par peur de la propagation de l’épidémie. Les manifestations touchant également les domaines touristique, sportif et culturel ont connu le même sort, quand elles n’ont pas été tout simplement annulées.
Par ailleurs, en quelques semaines, les masques, désinfectants, gants ou combinaisons
de protection sont devenus des denrées rares et de nombreux Etats ont dû agir par décrets pour interdire l’exportation du matériel
médical.I. D.