Le climat était tendu, la tenue de la Coupe d’Afrique des nations 2017 au Gabon un temps menacée. Le pays hôte de la messe footballistique, risquait d’exploser à tout moment. Manifestations et rue qui grondait après la réélection d’Ali Bongo Ondimba en août dernier pour un nouveau bail de 7 années.

Une crise sociale et politique qui pouvait compromettre la tenue du tournoi. Les Gabonais ne semblaient pas avoir la tête au football au moment où a tension ne faisait que gonfler se densifier. L’organisation pouvait tomber à l’eau à n’importe quel moment. Le scénario de 2015 avec le désistement du Maroc était dans nombreux esprits malgré les assurances de l’Etat organisateur ainsi que la Confédération africaine de football (FAF), présidée par le Camerounais Issa Hayatou. L’épreuve a finalement bien eu lieu. Elle se poursuit toujours en terre gabonaise malgré l’élimination précoce de l’équipe nationale locale dès le premier tour. Les Gabonais ont eu le mérite de ne pas gâcher la fête de tout un continent en dépit d’une ambiance morose et le manque d’engouement attendu. Ça change clairement de l’attitude du Royaume Chérifien qui avait tourné le dos à l’Afrique mettant en péril la tenue de l’opus panafricain de 2015 avant que la Guinée-Equatoriale ne l’abrite au pied-levé. A « Bongoland » on a su être très courtois avec la reine africaine même s’elle est restée insensible au charme de Pierre-Emerick Aubameyang et consorts éliminés dès la phase de poules. La parenthèse de la CAN est venue offrir un peu de calme dans les rues où l’ambiance offerte par les supporters des 15 autres nations, venus des quatre coins de l’Afrique, a contrasté, temporairement, avec la colère qui prévalait avant le début de la compétition. En tout cas, le Chef de l’État a toujours brandi la carte du rendez-vous biennal pour tenter de gagner du temps et atténuer la gronde de son peuple en promettant « un dialogue politique qui s’ouvrira au lendemain de la Coupe d’Afrique des nations 2017 ». Ce qu’il faut savoir, c’est que la coorganisation en 2012 avec le voisin Equato-Guinéen et celle de la séquence 2017 de la Coupe d’Afrique des Nations ont coûté aux contribuables gabonais la somme de 863 milliards de FCFA (1,3 milliard d’euros) soit 400 milliards en 2012 et 463 milliards (environ 700 millions d’euros) en 2017. Pour les retombées financières, il n’y a pas de chiffres nets et concrets. La certitude c’est que les Gabons ont gagné l’admiration de tout le continent pour ne pas avoir plombé l’ambiance malgré le climat pesant.