La victoire offre toujours une tribune pour prendre la revanche sur ceux qui n’ont jamais cru en nous. Fort de deux sacres continentaux (avec la Zambie en 2013 et la Côte d’Ivoire en 2015), Hervé Renard est un sélectionneur qui connaît très bien le football atypique de l’Afrique ainsi que les mentalités.

Ses triomphes n’ont jamais été les fruits de l’immédiateté car s’il a pu les cueillir c’est parce que son travail s’est toujours inscrit dans le long terme. Au sortir du succès (1-0) contre la Côte d’Ivoire mardi, synonyme de qualification en quarts de finale pour le Maroc qu’il drive aujourd’hui, le technicien français a réclamé de « la décence par rapport aux entraîneurs » pour voler au secours de son compatriote et successeur à la tête de la barre technique des « Eléphants » en la personne de Michel Dussuyer. « Si vous le me permettez, je crois être très bien placé pour parler, quand on vient dans une salle comme ça, ce n’est pas un tribunal. Vous avez un entraîneur, Michel Dussuyer, que je connais depuis très longtemps, qui est un homme remarquable. Jusqu’ici, il s’est qualifié pour une Coupe d’Afrique, il a débuté les qualifications pour la Coupe du Monde de la meilleure des façons. Alors certes, l’objectif pour la Côte d’Ivoire ne peut pas être une élimination au premier tour. Seul le résultat vous fait dire des choses qui dépassent parfois vos pensées», a fait constater l’ancien coach de Sochaux et de Lille OSC. Par la suite, il a eu des propos qui reflètent parfaitement l’ambiance morose qui prévaut autour de notre balle ronde après le camouflet de l’Equipe nationale qui s’est faite sortir dès le premier tour dans la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon). «Il faut arrêter de retourner votre veste à chaque fois. Au Maroc, des anciens joueurs, des anciens sélectionneurs donnent aussi leur avis… Mais qu’ils fassent leur travail à l’endroit où ils sont d’abord ! Ce qui m’horripile dans le football aujourd’hui, c’est que tout le monde a la solution» dénonce l’élève de Claude Le Roy. Une vérité avérée. Entre la solution et sa cristallisation le gouffre reste énorme. La parlote va plus vite que l’acte. Pour clore, il a tenu à assurer que « dans le foot, il faut du temps ». La continuité et la stabilité restent les clés de tout succès. Ce n’est malheureusement pas ce dont les Verts, qui ont vu 3 sélectionneurs défiler sur le banc en 10 moins, ont pu bénéficier en 2016. La leçon est par là…