Grosse désillusion! La parenthèse enchantée d’abriter la fête du football africaine a tourné court pour le Gabon qui a vu sa sélection sortir prématurément du premier tour. Voir un pays organisateur quitter sa Coupe d’Afrique des nations dès le premier tour, cela n’est plus arrivé depuis l’édition de 1994 en Tunisie.

A l’époque, les « Aigles de Carthage » avaient terminé à la dernière place de trio que complétaient le Zaïr (actuelle RD Congo) et le Mali. Pour les Gabonais, le bilan est maigre. Insuffisant surtout. Et cela est, en grande partie, dû à une préparation en catastrophe. L’objectif était clair et dépassait le contexte purement sportif: essayer de tranquilliser un pays sur une poudrière depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016. Les «Panthères» savaient qu’elles perdaient de leur territoire après avoir concédé le nul lors des deux premières journées. « En gagnant demain, on peut ramener de la joie dans le cœur des Gabonais. On a commencé par tâtonner mais on va continuer de monter en puissance. Si tout le monde nous porte, je suis convaincu qu’on passera dimanche», avait promis le portier Didier Ovono qui disputait sa quatrième Coupe d’Afrique des nations. Le dernier rempart s’en souviendra comme la plus décevante parce que l’attente était énorme. Samedi, à la veille de l’empoignade contre le Cameroun (0-0), il avait anticipé en reconnaissant que « par rapport à 2012, la préparation a été très différente. Le contexte politique a miné l’ambiance. En 2012, nous n’étions pas dans un contexte postélectoral.» Au final, le climat politique très tendu a pesé. Les jambes ont paru lourdes. Même celles de l’explosif Pierre-Emerick Aubameyang réputé pour sa vitesse de pointe hors-normes. Actuel meilleur buteur de Bundesliga (Allemagne) avec 16 réalisations, PEA s’est contenté de deux réalisations seulement contre la Guinée-Bissau (1-1) lors du match d’ouverture et l’autre sur penalty face au Burkina Faso (1-1). Avant-hier, sur la pelouse du stade de l’Amitié (Libreville), la star n’a pas brillé en restant muette. Pire, l’attaquant du Borussia Dortmund s’est illustré, dans le mauvais sens, en ratant un but tout fait dès l’entame. Les poulains de José Antonio Camacho ne s’en remettront pas. La chance venait de passer et la reine avait choisi le « Lions Indomptables » pour qu’ils poursuivent l’aventure. La preuve avec l’ultime occasion de Bouanga, dans le temps mort (90’+4), qui a vu sa frappe repoussée sur le poteau avant que Ndong ne la reprenne et se heurte au keeper Camerounais Ndong. C’était le gong qui sonnait la fin de l’aventure. Ou la mésaventure plutôt. Dame Afrique a tranché, et sa sentence est irrévocable. Contrairement au verdict des urnes.M. T.