Le congrès extraordinaire du Front des forces socialistes (FFS), étape rendue incontournable pour amorcer une sortie de la crise organique que vit le parti depuis plus d’une année, s’ouvrira demain à Zéralda avec un seul point à l’ordre du jour, à savoir élire une nouvelle instance présidentielle (IP) composée de 5 membres, tel qu’énoncé dans les statuts du parti qui peine à se doter d’une direction consensuelle qui ne serait pas source de luttes de clans et d’agissements fractionnels.

Pour ce rendez-vous, ce sont deux listes qui vont s’affronter pour une direction de transition qui aura notamment la mission de préparer les meilleures conditions pour la tenue du congrès ordinaire. La composante des deux listes en course présente vraisemblablement cette surprise qui peut augurer un déroulement serein du congrès avec moins de tension, dans le sens où les noms de la crise interne n’y figurent pas notamment Ali Laskri et ses adversaires au sein du parti qui n’ont pas apprécié l’ensemble des décisions prises par le FFS depuis avril 2018, c’est-à-dire depuis le dernier congrès extraordinaire qui avait consacré le député démissionnaire de la circonscription de Boumerdès comme le nouveau détenteur de la légitimé dans le parti.
La première liste compte cependant deux anciens noms de la défunte Instance présidentielle, en l’occurrence Brahim Meziani de la fédération de Béjaïa et Sofiane Chioukh de la fédération de Constantine, ce qui risque de constituer un «handicap» pour cette liste aux yeux des congressistes où l’on trouve également Hakim Belahcel qui a eu à hériter du poste de premier secrétaire pendant cette période de crise.
M. Belahcel a joué, faut-il le souligner, un rôle central pour rendre possible le déroulement de ce congrès de crise avec le souci de préserver le parti, ce qui n’empêche pas les critiques de fuser contre sa personne particulièrement de la part des partisans de Laskri, qui n’ont pas apprécié que le premier secrétaire du FFS s’aligne sur les partisans du congrès extraordinaire au moment où eux soutenaient l’option d’un congrès ordinaire. En plus de ce trio, la liste compte deux figures moins connues, à savoir Mohamed Hadji de la fédération de Chlef et Nora Touahri de la fédération d’Alger.
La deuxième liste en compétition est conduite par Ahmed Djeddaï, figure ancienne du parti, député (1997-2020), premier secrétaire et membre du cabinet-conseil du premier secrétaire à plusieurs reprises. Urologue de métier, âgé de 63 ans, Djeddaï bénéficie d’une importante popularité parmi les militants du parti, ce qui n’est pas sans agacer d’autres figures de la maison FFS notamment ceux siégeant dans le «cabinet noir» qui n’apprécient pas l’aura de l’enfant de Jijel parmi les militants.
La liste de Djeddaï compte également Ykhlef Bouaïchi, ancien député de Béjaïa (1997-2002) qui était loin des affaires du parti, notamment celle de premier rang, jusqu’à mai 2018 quand il a retrouvé le comité d’éthique du FFS, cet «organe informel» qui n’a pas sauvé de la radiation abusive des noms à la valeur politique et l’engagement militant incontestables à l’image de Rachid Halet. En plus de Djeddai et Bouaïchi, la liste compte Nourredine Berkaine, de la fédération de Tizi Ouzou, Kamel Semmache de la fédération de Sétif et Nadia Ihaddadene de la fédération de Boumerdes. L’on peut déduire à la lumière de la présence de ces personnes dans la vie organique du parti une certaine proximité avec Ali Laskri.
Il convient de souligner que la commission de préparation de ce congrès, présidée par Mohamed Nebbou et Mohand Amokrane Cherifi, avait insisté, le 16 juin dernier, à dire que sa volonté est d’arriver «rassemblés» à ce congrès parce que «cette démarche est inclusive et qu’elle s’inscrit dans un processus consensuel visant à renforcer la cohésion des rangs du parti sur la plan organique et politique».
Pour elle, «cette démarche se fonde sur le respect des valeurs, des principes et de la ligne du parti adoptés par les précédents congrès, sur le respect des 3 C (collégialité, concertation et consensus) et sur le libre débat à tous les niveaux».