Alors que les mécaniciens ont entamé leur 10e jour de grève, déclenchée le 11 novembre dernier, cette dernière commence à avoir de lourdes conséquences. En 24 heures, deux avions de la compagnie ont dû rebrousser chemin suite à des problèmes techniques.

La grève des techniciens de maintenance d’Air Algérie commence à avoir de lourdes conséquences. En 24 heures, deux avions de la compagnie ont dû rebrousser chemin suite à des problèmes techniques, a-t-on appris d’un des grévistes : «Un avion d’Air Algérie assurant la liaison Alger-Istanbul a été contraint, dans la matinée de vendredi 16 novembre, de faire demi-tour quelques minutes après son décollage à cause de difficultés techniques.» Les passagers, ajoute la même source, ont été saisis d’une «panique indescriptible». Selon la même source, samedi, soit le lendemain, un autre appareil, ayant décollé de l’aéroport d’Alger à destination d’Orly, à Paris, a, à son tour, rebroussé chemin pour les mêmes raisons. Même s’il est vrai que ce genre d’incidents peut arriver de temps à autres, le fait qu’ils interviennent dans le contexte actuel de grève des agents de maintenance relance la question des vérifications techniques des aéronefs. Si la poursuite de la grève des mécanos ne fait pas consensus au sein de la direction générale, le SNTMA l’estime parfaitement justifiée. Face à la sourde oreille des responsables de l’entreprise, il y a, dans le camp des grévistes une volonté de durcir le mouvement et de réaliser d’autres actions pour médiatiser leurs mobilisations.
Ainsi, le conflit entre la direction d’Air Algérie, les mécaniciens et les ingénieurs de maintenance semble prendre une autre tournure. Pour le président du SNTMA, Ahmed Boutoumi, «la grève des techniciens de maintenance d’Air Algérie se poursuivra jusqu’à satisfaction de ses revendications». Or, la situation financière actuelle de la compagnie Air Algérie ne permet pas d’augmenter les salaires de ses employés. C’est ce qu’a déclaré dernièrement, Mohamed Charef, conseiller du directeur général d’Air Algérie, sur Ennahar TV. Selon Mohamed Charef, des propositions de sortie de crise ont été faites aux grévistes, les syndicats ont approuvées hormis celles concernnant les techniciens de maintenance.
Pour rappel, le syndicat a deux principales revendications : le retour à un équilibre salarial dicté par la convention collective d’Air Algérie et la confirmation immédiate des mécaniciens ingénieurs recrutés dans le cadre de contrats à durée déterminée (CDD) «en infraction avec les lois de la République». Reste que la décision de la direction de la compagnie nationale à confirmer progressivement dans leurs postes les titulaires de CDD à partir du mois de septembre 2018 est jugée aberrante. Toutefois, le SNTMA réaffirme, une fois de plus, son entière disponibilité à toute négociation sur la base de sa plateforme de revendications, pour aboutir à une solution concrète et dans les plus brefs délais.