Le nouveau coronavirus (Covid-19) a encore contaminé d’autres personnes et fauché de nouvelles vies. L’Algérie a enregistré, en 24 heures (entre mardi après-midi et mercredi après-midi), 38 nouveaux cas confirmés dont deux décès, selon le bilan du ministère de la Santé rendu public hier en fin de journée. Le nombre de cas confirmés positifs au Covid-19 augmente, ainsi, à 302, dont un total de 21 décès et de 24 guérisons, a révélé le porte-parole du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, le Pr Djamel Fourar.

Les deux cas de décès ont été enregistrés, l’un dans la wilaya de Tipasa et à l’autre à Constantine. Dans cette dernière wilaya, il s’agit d’«une femme, âgée de 58 ans, de retour de France le 14 mars dernier», selon les précisions de M. Fourar, qui a ajouté que la personne décédée à Tipasa est «un homme âgé de 42 ans qui travaillait à Blida», wilaya connue pour être un foyer de l’épidémie avec plus d’une centaine de cas confirmés et 8 décès.
Et justement, à Blida, où le plus grand nombre de personnes contaminées et de décès ont été enregistrés, il est à signaler, selon les correspondants sur place, que le bilan macabre ne semble pas avoir convaincu tous ses habitants de rester chez eux. Le confinement total n’est pas respecté par «certaines personnes dans certaines communes», selon le constat des correspondants. Une situation bien déplorable au vu des vies humaines qui risquent encore d’être emportées par le nouveau mal planétaire. A noter que les wilayas touchées par les contaminations au covid-19 sont Blida, Alger, Tizi Ouzou, Skikda, Annaba, Bordj Bou Arreridj, Médéa, Mascara, El Oued, Souk Ahras, Adrar, Bouira, Béjaïa, Boumerdès, Sétif, Tissemsilt, Khenchela, Relizane, Annaba, Ouargla, Oran, Tlemcen, Chlef, Aïn Témouchent, Jijel et Sidi Bel Abbès.

Vers de nouvelles méthodes de dépistage
L’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) va adopter de nouvelles méthodes de dépistage du coronavirus, suite à l’application des mesures de confinement pour certaines régions, a révélé le directeur général de l’IPA, Fouzi Derrar. «Les mesures de confinement appliquées pour certaines régions permettront certainement d’endiguer la propagation de la pandémie, d’où l’impératif pour l’IPA d’adopter de nouvelles méthodes de dépistage du coronavirus et de se focaliser sur les cas symptomatiques», a-t-il annoncé hier, cité par l’APS. Concernant le nombre de cas enregistré jusqu’à l’heure actuelle, le même responsable a précisé qu’il était faible par rapport à la propagation du coronavirus dans le monde et au nombre des cas testés qui s’élève à plus de 2500 depuis l’apparition de cette pandémie en Algérie».
Après l’entrée en service des différentes nouvelles annexes de l’IPA, le laboratoire national de référence (LNR) relevant de l’Institut Pasteur d’Alger subira moins de pression», a-t-il dit, ajoutant que l’annexe d’Oran est entrée en service ces derniers jours, en attendant l’entrée en service des annexes de Constantine, Tizi Ouzou et Ouargla».
S’agissant des souches de ce virus qui se propage en Algérie, M. Derrar a relevé que «les travaux scientifiques effectués par l’IPA démontrent qu’elles sont semblables à celles de France, ce qui signifie que le virus a été introduit de France». Déplorant les allégations ciblant l’Institut, notamment en ce qui concerne le protocole de dépistage et de diagnostic du Covid-19, il a tenu à souligner que l’Institut fonctionne «conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à celles en vigueur en Europe, en Asie et aux Etats-Unis d’Amérique». Par ailleurs, il a affirmé que l’Institut qui est «un centre de référence pour l’organisation onusienne, met à jour continuellement ses informations, à travers les séminaires scientifiques internationaux et suit et applique ses instructions en fonction des développements enregistrés dans ce domaine».
Concernant de faux négatifs (résultats) évoqués par certains, M. Derrar a expliqué que «la technique appliquée au niveau de l’Institut obéit aux recommandations internationales» et que les idées qui circulent «sont infondées et n’ont aucun sens scientifique», relevant que «l’Institut Pasteur a besoin de davantage d’appui de la part la communauté scientifique et médicale pour pouvoir donner des orientations, les plus objectives possibles, en cette conjoncture particulière que vit le pays». n