Le citoyen n’est pas le seul à accueillir avec satisfaction, voire soulagement, les mesures d’allègement du confinement fraîchement décidées par le gouvernement. Les propriétaires de restaurant, de café et autres professionnels au service du grand public ne manquent pas, eux non plus, d’applaudir l’autorisation qui leur a été accordée de reprendre graduellement leurs activités. Eux, comme les commerces qui n’ont jamais baissé rideau depuis le début du confinement, en mars, ou encore ceux qui ont été obligés de fermer avant le reprise décidée il y a quelques semaines, pourront aussi profiter des heures supplémentaires à passer dehors dont jouissent depuis hier les Algériens pour prolonger largement leurs horaires d’ouverture et tenter de réaliser quelques recettes supplémentaires plus que nécessaires après des mois de disette.
Mais bien plus que la réaction de tout ce beau monde aux décisions des pouvoirs, c’est surtout celle en provenance du corps médical qui mériterait d’être mise en exergue. Surtout qu’elle ne remet aucunement en cause le déconfinement mis en branle à travers la réouverture des mosquées, des plages, d’espace de détente et d’autres lieux à grande affluence du public.
Bien au contraire, certains représentants ou responsables dans le corps médical n’hésitent pas à dire que l’allègement adopté est une bonne chose pour tout le monde. A l’exemple du président de la cellule chargée des investigations et des enquêtes épidémiologiques, Pr Mohamed Belhocine, lorsqu’il considère qu’il faudra désormais arriver à gérer le coronavirus en sachant faire « l’équilibre entre le contrôle de l’épidémie et la reprise d’une vie la moins porteuse de risques pour les citoyens ». Pour ce spécialiste qui sait de quoi il parle, « on ne peut pas rester en confinement permanent, il y a énormément d’activités économiques frappées de plein fouet par cette épidémie et par le confinement ».
Abondant dans le même sens, le président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) considère que les mesures prises sont « dans l’intérêt du citoyen ».
Ceci étant, les deux représentants du personnel soignant n’oublient pas d’insister, encore une fois, sur l’obligation faite aux citoyens de redoubler de vigilance et de respecter les mesures de prévention requises dans tous ces lieux où la vie va reprendre ses droits progressivement. C’est aussi l’appel que réitère la Commission de la fetwa à l’adresse de ceux qui s’apprêtent à renouer avec la prière dans les mosquées.
D’ici samedi, ce type d’appels et de rappels doit se multiplier autant de fois que l’imposera la situation sanitaire du pays. Le compte à rebours a déjà commencé.