La célébration du Mawlid Ennabaoui a été depuis des années associée à l’utilisation de produits pyrotechniques aux conséquences parfois dangereuses. Cette année, à quelques jours de la fête, les explosions et la vente de pétards se font rares dans l’Algérois. Prise de conscience ou indisponibilité des produits ?

A l’occasion de la célébration du Mawlid Ennabaoui, le nombre des étals de ces produits prohibés a «nettement reculé» dans la capitale cette année par rapport aux années précédentes. Ils ont régressé de moitié au niveau du marché jouxtant la mosquée Ibn Farès (ex-Djamaâ Lihoud), véritable plaque tournante de ce commerce en pareille circonstance, a-t-on constaté sur place. Jadis appelé «marché de gros des pétards», le lieu semble s’accommoder de «la baisse du volume de marchandises cette année» d’après ce qui ressort des discussions entre vendeurs et clients. Il faudra chercher au détour des ruelles et même là, les aventuriers du commerce informel sont rares. Comme chaque Mawlid Ennabaoui, une star s’impose sur le marché des produits pyrotechniques et, cette année, le choix s’est porté sur le footballeur international Riyad Mahrez, dont la photo envahit les étals de la rue Amar-Ali jusqu’à la mosquée Ibn Farès et dont le nom a été donné à un pétard cédé à 1 900 DA.
Mis à part cette nouveauté, le marché reste dominé par les «stars» des années précédentes, à l’instar de «Chitana», «Daesch», «El Bouk» et «Signal», des produits proposés à des prix jugés, par les clients, très élevés, voire rédhibitoires.
Par ailleurs, les échoppes de chaussures et de vêtements pour hommes et de tabac ont été carrément transformées en commerces
de produits pyrotechniques, de bougies traditionnelles et modernes, de différentes tailles et couleurs et même de «fanous» (lanternes) destinées à la décoration des tables du Mawlid Ennabaoui et très prisées par les maîtresses de maisons.
Tous mobilisés
La nuit du Mawlid Ennabaoui est marquée par un contraste, désormais de tradition dans la société algérienne, entre la célébration dans les mosquées, par la distinction des récitants du Saint Coran et des hadith du prophète (QSSSL), lauréats de différents concours organisés, et la transformation de la capitale en véritables «champs de guerre des rue» menées et filmées par des jeunes survoltés pour la diffusion sur les réseaux sociaux. Ainsi, 47 unités mobiles, composées de près de 500 éléments de la Protection civile ont été mobilisées pour intervenir en cas d’incendie ou d’accident, suite à un usage irréfléchi des pétards ou feux d’artifices, notamment à travers les quartiers de la capitale et au niveau des esplanades des communes. Idem pour le commandement de la Gendarmerie nationale, qui a mis en place un dispositif sécuritaire englobant toutes les formations opérationnelles, fixes et mobiles, qui garantira la quiétude et la
sécurité des citoyens qui, sans nul doute, se déplaceront en nombre, en voiture et bus, à l’intérieur et à l’extérieur des villes à l’occasion.