Au moment de citer des exemples, il vaut mieux être sûr de son coup. Et l’interview de Mauricio Pochettino à L’Equipe vendredi dernier l’a encore prouvé dans les grandes largeurs. Interrogé sur sa patte au PSG depuis son arrivée, le technicien argentin tentait de justifier la trop grande exposition de sa défense aux bourrasques adverses, à l’inverse de Manchester City ou de Chelsea. Réponse du coach du PSG : «Chelsea est une équipe défensive, qui joue la transition et le contre». Une vision qui relève du cliché dans lequel la troupe de Thomas Tuchel ne cesse d’être enfermée depuis le début d’année. En cause, l’énorme rendement défensif des Blues, meilleure défense des équipes du Top 5 européen (4 buts encaissés). Mais, devant, les Londoniens n’ont pas grand-chose à envier aux ténors du continent. La preuve en 6 stats.
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C’est évidemment la première donnée à mettre en avant. Avec 39 buts marqués en 19 matches, les Blues tournent à plus de deux buts par match depuis le début de saison. Une moyenne qui colle à celle de la plupart des cadors européens. En championnat, Chelsea est d’ailleurs la deuxième meilleure attaque de Premier League (30), derrière les artificiers de Liverpool (35). Pour reprendre la comparaison de Mauricio Pochettino, les chiffres du PSG sont presque similaires (40 buts en 18 matches).
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«Équipe défensive, qui joue la transition et le contre», disait ainsi Pochettino vendredi. Statistiquement, difficile de faire plus faux. Sur les 39 buts marqués par les Blues cette saison, un seul a été marqué sur «contre-attaque» selon le décompte de WhoScored. Que Chelsea se régale en transition grâce aux profils de ses «wings-back» est un fait avéré. Mais face à des blocs plus bas, les hommes de Tuchel excellent aussi.
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Pour conforter cette idée, Chelsea est une machine à conserver le ballon. Loin du PSG de ses débuts, qui transformait les matches en combats de boxe, Thomas Tuchel a réussi à faire des Blues une équipe patiente qui sait attendre son heure. En C1 cette saison, personne ne prive autant de ballons l’adversaire que Chelsea, devant Liverpool (67,3%), l’Ajax (62,5%) et le Bayern Munich (61%).
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Avoir le ballon est une chose, en faire quelque chose est une autre. Dans ce domaine, force est de constater que les coéquipiers de N’Golo Kanté vont souvent au bout de leurs idées. Par match, en Ligue des champions, les lauréats de la dernière édition frappent 17,3 fois au but, le sixième meilleur total jusqu’à présent, loin derrière le total du Bayern cependant (21 frappes/match). A titre de comparaison, le PSG a le 27e total (seulement 8,5 frappes/match) mais une efficacité diabolique au moment de convertir ses tentatives.
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Comme la distance moyenne à laquelle les Blues démarrent leur séquence offensive. C’est la moyenne la plus haute dans ce domaine en C1 cette saison. Autrement dit, Chelsea démarre ses offensives de très haut, notamment grâce à un pressing très efficace permettant aux hommes de Tuchel d’être également ceux qui récupèrent le plus dans les 40m adverses (65 ballons récupérés). Quand le pressing se fait en avançant, ça peut faire mal.
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Défenseurs dans l’âme mais buteurs à l’occasion : chez les Blues, le danger vient de partout mais surtout de derrière serait-on tenté de dire. 14 buts cette saison ont été l’œuvre de défenseurs de métiers et Reece James (4 buts) est le meilleur buteur du club aux côtés de Romelu Lukaku et Kai Havertz. Alors, Chelsea n’est pas une équipe défensive mais peut-être simplement une équipe d’excellents défenseurs, à même de dépasser allégrement leurs fonctions. n