Le sélectionneur en chef de l’équipe nationale algérienne  de football, Rabah Madjer,  se comporte d’une manière «contradictoire» avec les joueurs qu’il sélectionne.

Ce qui n’est pas pour assurer une stabilité dans le vestiaire. Lors des deux derniers stages, ponctués par les deux matchs amicaux contre la Tanzanie et l’Iran, Rabah Madjer a laissé des joueurs à la disposition de leurs clubs respectifs alors que d’autre part, il convoque un joueur qui fait 8 000 km pour ne pas jouer la moindre minute ! Ce qui est plus «critiquable», c’est surtout l’argument «fallacieux» de la blessure qui est cité comme cause de libération des joueurs, à savoir Yacine Brahimi et Nabil Bentaleb. Or, ces deux joueurs se sont retrouvés, 48 heures après leur libération des Verts, aux entraînements de leurs clubs respectifs avant de jouer les matchs de championnat et de s’illustrer. Le cas de Bentaleb est «illustratif» du mauvais comportement du sélectionneur des Verts.

Gagner la confiance des clubs
Lors de son interview d’avant-hier à la chaîne TV algérienne A3, Rabah Madjer insiste à préciser que «Bentaleb était bel et bien blessé» avant de reconnaître que «je l’ai libéré en France pour faire une injection pour jouer et s’entraîner avec Schalke 04- et il a joué le match». Comme si Madjer disait que le même joueur peut jouer avec Schalke 04 mais pas avec les Verts contre l‘Iran ! Ce qui veut dire que Madjer a pris l’option d’aider les clubs des joueurs sélectionnés. La preuve, c’est que lui-même reconnaît qu’«il faut gagner la confiance des clubs européens et les aider du mieux qu’on peut. Pour Bennacer, on nous a demandé de l’aider car Empoli avait un match très important, le 29 mars. J’ai consulté mes assistants et on a décidé de le laisser partir. J’ai demandé par contre à Empoli de nous laisser Bennacer face à l’Arabie saoudite au mois de mai. Benitez nous a salués lui aussi pour notre professionnalisme…».

L’affaire Taider
Or, si avec ces trois joueurs cités, le sélectionneur fait un «cadeau» aux clubs européens, ce n’est pas du tout le cas de Saphir Taïder qui joue en MLS et plus précisément au Canada. Le sélectionneur convoque le joueur avant de lui promettre de joueur lors du match contre l’Iran. Mais, dépité de voir qu’il ne sera pas incorporé durant cette partie, décide de quitter le stade à la 88e minute du jeu jugeant avoir trop chauffé le banc. Si Madjer dit que Taïder était hors forme, le joueur «dément» le sélectionneur en indiquant : «Je n’ai utilisé le GPS que pendant 20 minutes, on n’a pas eu de cardio, qui mesure la pulsation et avec les fréquences, ça te permet de mesurer le temps de récupération pendant l’effort, donc logiquement, tu ne peux pas mesurer une condition physique avec un GPS pendant une séance de 20 minutes, c’est impossible, on ne l’a pas fait.» Et à Taïder d’ajouter une couche : «Je sors d’une préparation d’un mois et demi, avec 5 matchs amicaux et trois matchs pleins en championnat avant de venir en sélection, le problème n’est pas physique, ce n’est pas possible, j’aurais préféré entendre autre chose, après chacun peut dire ce qu’il veut». Taider confie par la suite que « le soir du match contre l’Iran,  le coach est venu vers moi et m’a dit de me préparer pour jouer le match face à l’Iran. Et puis, par la suite, la veille du match, j’ai appris que je ne vais pas jouer, j’étais frustré, déçu, je suis allé le voir, il y a un respect mutuel, la discussion a été normale, je lui ait dit, que cela fait 5 ans que je suis en sélection, je suis un cadre, je ne comprends pas, vous m’avez dit que j’allais jouer, vous me faites venir de très loin, vous connaissez le joueur, vous connaissez mes qualités, qu’est-ce que je dois comprendre… ? Il m’a dit que j’étais loin de ma forme. Je lui ai dit, je me sens bien, vous n’avez qu’à voir mes match en MLS, après il ne voulait pas me donner plus d’explications…». Total mépris qui se passe de commentaire. S. B.